Resté muet vendredi, Aviva a finalement réagi hier aux rumeurs selon lesquelles il aurait rejeté une offre de RSA sur ses activités d'assurance non-vie. «Au vu des bénéfices stratégiques et financiers évidents que constitue pour les actionnaires d'Aviva le maintien dans le groupe des activités d'assurance générale, au vu de leur potentiel et des modalités offertes par RSA, le conseil a unanimement rejeté cette proposition», a expliqué le britannique dans un communiqué. La bourse a quant à elle réagi avec prudence. Dans un marché en baisse, l'action reculait hier soir de 2,45% à 377,90 pence après avoir bondi de 5,47% vendredi dernier.
Pour autant, l'offensive avortée de RSA a bel et bien ouvert le débat sur les options stratégiques offertes à Aviva. Il est vrai que RSA a de son côté mis en avant des chiffres à même de faire réfléchir. Selon lui, son offre à 5 milliards de livres évaluerait les activités visées à 1,6 fois la valeur des actifs nets et à 9,8 fois les prévisions de bénéfices. A titre de comparaison, l'ensemble du groupe Aviva se paie actuellement 6,2 fois ses résultats attendus en 2010. De surcroît, RSA a précisé qu'un rapprochement entraînerait des synergies annuelles de 300 millions de livres avant impôt.
D'ailleurs, UBS indique dans une note qu'une telle transaction «aurait un sens du point de vue stratégique». Un avis partagé par un autre analyste du secteur selon lequel RSA devra tout de même s'il veut convaincre revenir avec «une offre bien supérieure à 5 milliards de livres». Une éventualité loin d'être acquise le management de RSA risquant alors de prêter le flanc aux critiques de ses propres actionnaires.
Que RSA décide ou non d'aller plus loin, cette offensive aura en tout cas permis à certains grands actionnaires d'Aviva de se manifester. Selon Reuters, l'un d'eux jugerait que des synergies seraient effectivement envisageables avec une opération de ce type. La presse britannique a parallèlement rapporté que certains actionnaires seraient déçus de ne pas avoir été consultés sur cette proposition et auraient demandé dans la foulée que le groupe procède à une revue stratégique.
RSA n'a bien évidemment pas indiqué s'il serait susceptible d'offrir plus. Mais il s'est dit toujours ouvert aux discussions avec Aviva.