Pilori. La Cour des comptes est formelle : la crise n'est pas seule en cause dans la dégradation des finances publiques de la France. Le déficit public est passé de 3,4 % du PIB en 2008 à environ 8 % en 2009, soit une hausse de 4,6 points, et la dette publique a augmenté de 67,4 % du PIB à fin 2008 à environ 77 % à fin 2009. « Le manque de maîtrise des dépenses publiques, malgré la stagnation des charges d'intérêt due à des taux particulièrement bas, et les baisses d'impôts ont donc accru le déficit structurel de plus d'un demi-point de PIB en 2009 », soulignent les auteurs du rapport annuel. Cette hausse du déficit structurel le porte au-delà de 4 %. Le déficit public d'environ 8 % du PIB annoncé pour 2009 est donc « au moins pour moitié de nature structurelle », poursuivent-ils. Par ailleurs, la dette publique française risque une détérioration de sa notation. A un niveau égal à 4 % du PIB, la charge d'intérêt ne serait plus très loin du seuil de 10 % du produit des prélèvements obligatoires, « au-delà duquel il existe un risque, certes non automatique, de dégradation de la notation des dettes souveraines ».