La crise a laissé des traces dans le comportement des particuliers face au crédit en 2009, comme en témoigne le 22e rapport annuel de l'Observatoire des crédits aux ménages (OCM), établi par la FBF à partir d'une enquête réalisée en novembre dernier auprès de 13.000 ménages. Le volume des nouveaux prêts contractés a ainsi reculé en un an de 9,7% à 9 millions, tandis que le nombre de ménages ayant souscrit un nouveau crédit s'est élevé à 6,3 millions, en baisse de 9,2%. Globalement 13,9 millions de ménages avaient un crédit fin 2009, soit «un taux de détention de 50,8% contre 52,6% douze mois plus tôt».
Avec une chute de plus de deux points à 31,7%, un niveau comparable à celui de 1997, «c'est surtout le repli des crédits à la consommation qui explique cette évolution», souligne le rapport qui y voit l'influence de la baisse des cartes de magasin donnant lieu à des crédits revolving. Bien que la diffusion des crédits immobiliers ait marqué le pas pour la première fois en six ans, l'accession à la propriété des ménages de moins de 30 ans a en revanche progressé de deux points à 21,2%. Ceux-ci «sont désormais moins cigales et plus fourmis», résumait hier Michel Mouillart, professeur à l'Université de Paris X en présentant la synthèse du rapport.
Contrairement à celle des jeunes ménages, la fragilité financière des plus de 65 ans a eu tendance à augmenter au cours des dernières années, entraînant chez eux un recours plus important aux crédits de trésorerie. Par ailleurs, le taux de détention d'un crédit immobilier était en 2009 dix fois plus faible pour les ménages gagnant moins du Smic que pour ceux ayant un revenu d'au moins cinq Smic (5,8% contre 59,6%).
Après une forte dégradation en 2008, les ménages semblent avoir connu en 2009 un début de stabilisation de leur situation financière, une opinion exprimée par 45,3% d'entre eux contre 39,4% un an auparavant; plus d'un ménage sur deux considère le poids des charges de remboursement comme «supportable ou très supportable». Néanmoins, ils restent prudents en réduisant encore légèrement leurs intentions de contracter un crédit à la consommation durant le premier semestre 2010 (4,4% contre 4,6% fin 2008). Grâce à la baisse des taux d'intérêt et à l'allongement de la durée des prêts, l'optimisme est davantage perceptible pour le crédit immobilier avec des intentions de souscription en progression de 0,8 point à 5,6%.