Essar envisage d'entrer à la Bourse de Londres dès le mois prochain, selon différentes sources citées par la presse financière britannique et indienne. Le schéma à l'étude consisterait à placer sur le marché britannique 20 à 25% des activités du conglomérat dans l'énergie. Ce qui pourrait correspondre à une opération allant jusqu'à 3 milliards de dollars. Cette IPO prendrait alors place parmi les plus importantes lancées par des entreprises indiennes hors de leurs frontières: le groupe énergétique Reliance Power avait levé en son temps 2,9 milliards de dollars, tandis que la banque ICICI, plus gros établissement privé du pays, avait récolté 4,6 milliards de dollars dans une opération aux Etats-Unis voici trois ans. A Londres, la dernière introduction indienne de taille est celle du groupe minier Vedanta, réalisée en 2003.
Le groupe indien s'est refusé jusqu'ici à commenter l'hypothèse d'une telle entrée au London Stock Exchange, se contentant d'affirmer qu'il étudie en permanence toutes sortes de scénarios de financement. Mais une telle initiative serait cohérente avec les ambitions du groupe.
Essar est l'un de ces conglomérats familiaux typiques de l'industrie indienne. Créé en 1969 en tant qu'entreprise de bâtiment, il s'est au fil des années diversifié dans des secteurs aussi variés que l'acier, les ports, les minerais et les télécoms. Dans ce dernier domaine, Essar est le partenaire de l'opérateur britannique Vodafone dans Vodafone India, troisième opérateur mobile du pays. Le groupe est contrôlé par les frères Ravi et Shashi Rula, classés en 2009 au cinquième rang des fortunes indiennes par le magazine Forbes. Le conglomérat n'est pas coté en Bourse, mais plusieurs de ses filiales le sont: Essar Oil (+6,4% hier à la Bourse de Bombay), Essar Shipping Ports & Logistics, et India Securities.
Le groupe, qui a réalisé sur l'exercice 2008-09 un chiffre d'affaires de 15 milliards de dollars et emploie 60.000 personnes, est en pleine expansion. Il a annoncé le week-end dernier le rachat du producteur américain de charbon Trinity Coal pour 600 millions de dollars. Simultanément, Essar Oil est en discussions avec Royal Dutch Shell pour la reprise éventuelle de trois raffineries en Europe. Essar a également des besoins de financement dans son activité télécoms, où il a racheté fin 2009 les opérations de l'opérateur Dhabi Group en Ouganda et au Congo.