La situation ne s'était pas produite depuis sept ans au Royaume-Uni. L'adjudication d'obligations d'Etat britanniques qui se déroulait hier n'a pas été intégralement couverte. Alors que le gouvernement souhaitait vendre pour 1,75 milliard de livres sterling (1,87 milliards d'euros) de titres à 40 ans, la demande n'a atteint que 1,63 milliard. Le ratio de couverture est donc ressorti à 0,93.
En décembre dernier, la précédente émission de Gilts de même maturité avait obtenu un ratio de couverture de 2. En 2002, une adjudication de titres indexés à l'inflation n'avait pas non plus été intégralement couverte.
«Les investisseurs se concentrent actuellement sur le début de la courbe, explique Raoul Salomon, managing director chez Barclays Capital. Sur la partie très longue, les adjudications sont plus risquées. Comme nous arrivons à la fin du trimestre, la demande est en outre moins forte».
Par ailleurs, les banques organisant les émissions d'emprunts d'Etat n'ont plus la même marge de manœuvre. Compte tenu de la réduction de leur bilan, elles ne peuvent plus garder des titres pour les revendre un peu plus tard.
Malgré cette mauvaise passe, le marché obligataire s'est bien tenu, la Banque d'Angleterre ayant mené hier une nouvelle opération de rachats de Gilts, pour 3,5 milliards de livres.
En Allemagne, l'émission d'obligations d'Etat à cinq ans qui s'est déroulée hier s'est aussi placée sans euphorie. Elles ont été mises à prix à un niveau inférieur à celui sur le marché secondaire. 18% de l'émission ont été retenus, contre 14% lors de la précédente adjudication à cinq ans.
«Nous craignons que le résultat de ces deux adjudications ne soit le signe d'une certaine indigestion de la part des investisseurs», indique un stratégiste taux. Or, les programmes d'émissions vont atteindre des montants records cette année, les gouvernements devant financer leurs plans de relance.
L'Allemagne a revu hier ses prévisions en hausse de 23 milliards d'euros. Le volume d'émissions pourrait donc atteindre le montant record de 346 milliards d'euros, contre 220 milliards en 2008.
Au Royaume-Uni, le programme devrait s'élever à 146,4 milliards de livres sur l'année fiscale 2009 qui débute en avril, et au moins 148 milliards l'année suivante.