Le financement des PME suscite toujours autant de divergences. Le jour où Bercy et la Fédération bancaire française (FBF) se félicitaient de la relative bonne tenue des encours de crédits accordés à l'économie, étant donné la conjoncture (L'Agefi du 12 février), la Médiation du crédit soulignait la «prudence parfois excessive des banques, notamment en terme de garanties exigées» vis-à-vis des entreprises. Le flux de dossiers de litiges acceptés par la Médiation a connu un rebond de 9,3% en janvier par rapport à décembre, à 704. Mais le taux de médiation réussie a augmenté, passant de 57% à 65%.
La tendance touche surtout les TPE et PME: les sociétés de moins de dix salariés représentent 85% des entreprises en médiation. «Les délais de traitement des petits dossiers sont souvent trop lents et ne sont pas adaptés à la sensibilité socio-économique des TPE/PME», note la Médiation. La FBF en a pris conscience. Dans ses engagements figure la réduction du délai de réponse à dix jours au maximum.
Il faut cela dit relativiser la progression des litiges, les fêtes rendant le mois de décembre atypique. Le nombre de dossiers acceptés atteignait 797 en novembre, avec un taux de médiation réussie de 70%. Ces nombres sont sans commune mesure avec ceux d'il y a un an: 1.382 dossiers avaient été traités en janvier 2009.
Pour les services de Gérard Rameix, «les entreprises semblent rencontrer des difficultés pour le renouvellement de leurs lignes court terme, les banques restant dans l'attente de la publication des comptes 2009». Ils expliquent à L'Agefi que «si les résultats des banques sont médiocres, il leur sera difficile d'accorder de nouveaux prêts. Nous serons vigilants sur ce point».
C'est en partie sous cet angle qu'il faut interpréter la réaction de la CGPME à l'engagement de la FBF de consacrer une enveloppe de 38 milliards d'euros aux PME, soit une progression de 6%. La confédération estime ces «promesses» insuffisantes, puisqu'elles «se basent sur les bilans 2009, majoritairement dégradés». C'est tout ce qui oppose PME et Elysée d'un côté, et banques de l'autre: les secondes privilégient la croissance de la production de crédits, tandis que les premiers souhaitent un engagement sur les encours, qui représentent évidemment des montants beaucoup plus élevés. L'encours de crédit aux entreprises atteignait 554 milliards d'euros en décembre.