Le G20 et le Forum de stabilité prônent une réforme des rémunérations

Le FSF avance que les intérêts à long terme de la banque doivent prévaloir. Chaque pays devra contrôler la pertinence des pratiques

Par Benoît Menou le 03/04/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Pas de doute pour le groupe de travail du Forum de stabilité financière (FSF) ayant planché sur les politiques de rémunération des groupes financiers : ces pratiques ont été, parmi tant d'autres facteurs, à la source de la crise. Avant tout du fait d'une prise de risque récompensée à court terme. Sans lien avec les intérêts à long terme des banques, laissant ces dernières bien dépourvues lorsque ces risques se sont effectivement matérialisés.

C'est précisément ce lien qu'il s'agit de rétablir au plus vite. Le G20 a repris hier à son compte les propositions du FSF publiées hier sur ce thème.Tout Etat devra mettre en place une supervision des pratiques des banques, et le FSF s'assurera de la cohérence et de la coopération au niveau international. Ces préceptes apparaissent d'autant plus cruciaux à l'égard des établissements d'une taille suffisante pour présenter un risque systémique.

Les principes de rémunération doivent devenir partie intégrante de la culture de toute entreprise financière, au niveau même du conseil d'administration et pas seulement de la direction opérationnelle. Surtout, le FSF assure que toute banque doit mettre en place des équipes de contrôle des risques indépendantes et aux moyens étendus, aptes à valider que chaque type de risque appelle des échelles de rémunération différentes, sans que leur mode de rémunération ne dépende des résultats des équipes sous leur contrôle.

Qui plus est, le FSF aimerait voir un lien direct entre résultats de l'entreprise et bonus individuels, ces derniers devant être abaissés ou tout simplement annulés en cas de piètres performances, quels que soient les profits engrangés au niveau individuel. Le groupe de travail souligne également la nécessité de ne rémunérer que les profits effectivement réalisés, et non latents. La répartition entre cash, titres et autres pourra aider à aligner la rémunération sur cet horizon de risque.

Le FSF, qui n'entend pas se prononcer sur des montants maximum de rémunération, se dit bien conscient de l'importance de ce critère au sein du marché du travail de la finance. C'est pourquoi les autorités doivent agir ensemble et rapidement, afin que les établissements avancent de concert sans devoir craindre le départ de leurs salariés les plus talentueux.

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