Le FSI veut combler le manque de fonds d'investissement dans les biotechs

InnoBio, société gérée par CDC Entreprises et sponsorisée par le Fonds stratégique d'investissement, entend jouer un rôle de catalyseur

Par Antoine Landrot le 12/03/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

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Mardi dernier, InnoBio a annoncé une participation de trois millions d'euros sur les quatorze levés par Genticel (ex-BT Pharma), spécialisé dans les vaccins anticancéreux. Le mois précédent, le fonds réalisait son premier investissement, dans Adocia (médecine regénérative). L'année 2010 débute donc à un rythme soutenu pour ce véhicule de 139 millions d'euros, géré par CDC Entreprises mais souscrit par le Fonds stratégique d'investissement (FSI) à 37% et par neuf laboratoires implantés en France (Sanofi Aventis, GSK, Roche, etc.).

InnoBio a été créé dans le cadre du Conseil stratégique des industries de la santé d'octobre dernier. «Les start-up ont besoin d'investisseurs qui viennent renforcer leurs fonds propres. Or ces dernières années, beaucoup d'acteurs français du capital-risque ont disparu de la phase d'amorçage dans les biotechs, comme Apax Partners, 3i ou Atlas Venture», explique Laurent Arthaud, directeur général délégué de CDC Entreprises et directeur d'InnoBio.

L'idée n'est donc pas d'entrer en concurrence avec les sociétés de gestion, mais de les accompagner pour amener les sociétés à un stade de maturité leur permettant d'accéder aux modes de financement classiques. «Notre premier rôle est d'être un catalyseur, pour créer un effet d'entraînement», précise Thomas Devedjian, membre du comité exécutif du FSI. InnoBio, qui investit ainsi des tickets minoritaires, ne cherche donc pas systématiquement à être l'investisseur principal. La transaction sur Genticel était ainsi menée par AGF Private Equity (filiale d'Allianz France cédée à IDI cette semaine), avec le concours d'Edmond de Rothschild Investment Partners, l'IRDI et Amundi Private Equity Funds.

InnoBio a vocation à réaliser entre 10 et 13 investissements supplémentaires, d'un montant unitaire compris entre trois et dix millions d'euros, pour une durée de détention moyenne de quatre à six ans (mais qui peut aller plus loin considérant les cycles de développement dans l'industrie pharmaceutique).

CDC Entreprises soutenait déjà une société de gestion d'amorçage en biotech, BioAm, créée avec les organismes de recherche (Inserm, CNRS, etc.) et gérant 56 millions d'euros. Afin de rationaliser le fonctionnement des équipes, BioAm est en train de fusionner avec CDC Entreprises. L'avis de l'Autorité des marchés financiers est attendu dans les mois qui viennent.

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