Dossier Financement des entreprises

Le FSI veut être un « catalyseur » du financement des PME

Le Fonds stratégique d’investissement commence à voir aboutir ses initiatives lancées au premier semestre.

Par Fabrice Anselmi le 10/12/2009 pour L'AGEFI Hebdo

 
 

Nous tirerons un premier bilan du Fonds stratégique d'investissement (FSI) après une année d'activité, soit en janvier », annonce Gilles Michel, son directeur général, qui demande à être jugé sur des faits. Doté progressivement de 20 milliards d'euros (14 milliards en participations stratégiques et 6 milliards en liquidités), ce « fonds souverain à la française » a déjà investi, depuis février, 775 millions d'euros en direct sur dix-neuf nouveaux investissements (sur plus d'une centaine étudiés). Auxquels il faut ajouter les neuf premiers investissements du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA, 600 millions d'euros apportés à parité par le FSI, PSA-Peugeot et Renault), et les investissements directs ou indirects réalisés par CDC Entreprises dans le cadre du programme France Investissement.

Une « offre » diversifiée

« Surtout, nous restons tournés vers l'avenir avec la concrétisation, en ce second semestre, des initiatives que nous avons lancées avant l'été pour la création de fonds dédiés », rappelle Gilles Michel, en évoquant : le Fonds stratégique Bois (20 millions d'euros, apportés à parité par le FSI, Eiffage, Crédit Agricole et ONF Participations), le Fonds InnoBio (160 millions d'euros, dont 52 millions apportés par le FSI et le reste par de grands laboratoires pharmaceutiques), le Fonds de consolidation et de développement des entreprises (FCDE, 200 millions d'euros, dont 95 millions apportés par le FSI et le reste par des banques et compagnies d'assurances pour de petits besoins en fonds propres urgents), et le programme OC+ (300 millions d'euros apportés par le FSI pour des obligations convertibles de 4 millions maximum à destination de petites entreprises). Ces deux derniers instruments, nouveaux, se placent au sein du programme FSI-PME d'un montant de 1 milliard d'euros, qui permet également à l'enveloppe de CDC Entreprises de passer de 150 à 300 millions pour l'investissement direct et de 200 à 300 millions pour le cofinancement. Le programme devenu FSI France Investissement a par ailleurs mis en suspens la création de fonds de fonds privés pour financer les PME, préférant désormais intervenir lui-même directement dans les fonds de capital-développement les plus dynamiques.

Mise en cause au cours des premiers mois de son existence, la gouvernance « multiculturelle » du FSI ne semble plus être un sujet. A chaque nouveau dossier, sa doctrine d'investissement devient plus claire, toujours en minoritaire et à long terme : dans des PME de croissance, notamment via le programme France Investissement/CDC Entreprises au-dessous de 10 millions d'euros ; dans des entreprises moyennes avec un potentiel de création de valeur (technologique ou stratégique) ; dans de grandes entreprises, importantes dans leur secteur mais dont le projet passe par une stabilisation du capital ; et dans des entreprises moyennes prometteuses mais dans des secteurs en phase de mutation nécessitant un redéploiement industriel. Seul ce dernier point, en ouvrant la possibilité d'investir dans des situations de retournement complexes, pose encore un problème de lisibilité, comme l'a illustré en octobre la polémique autour de l'investissement du FMEA dans l'équipementier automobile Trèves. Des syndicats ont dénoncé un investissement public finançant un plan social, des parlementaires ont réclamé une voix sur les futurs investissements du FSI, et des fonds de retournement ont évoqué une concurrence déloyale dans la valorisation de l'equity...

Un « rôle utile »

Gilles Michel répond que le FSI est toujours ouvert, en tant que minoritaire, à des partenariats avec les fonds de capital-investissement, « qui sont cependant moins présents sur les dossiers à risques ces derniers mois. Notre vocation sur les PME reste avant tout d'être un ‘catalyseur' dans le développement ou l'innovation ». L'appel lancé aux éditeurs de logiciels cet été a par exemple été bien reçu et a déjà débouché sur des investissements dans Cegedim et Avanquest Software : « Après deux années difficiles, nous souhaitons participer activement à la consolidation du secteur pour améliorer notre place dans le Top 10 mondial des éditeurs logiciels ‘grand public', explique Thierry Bonnefoy, directeur financier d'Avanquest. Le FSI va nous apporter cette capacité financière avec une vision plus long terme que d'autres fonds ou que la Bourse, et un montage plus souple aussi (combinaison d'augmentation de capital et d'obligations convertibles, engagements sur des montants complémentaires). »

Quid enfin des grandes participations qui pourraient faire l'objet d'une OPA ? « Notre décision de sortie anticipée ou non sera alors toujours d'abord guidée par les enjeux stratégiques pour l'entreprise et ses salariés, sans pour autant oublier notre intérêt d'actionnaire ‘avisé' », conclut Gilles Michel en évoquant le « rôle utile » du FSI.

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