Le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) a dévoilé des chiffres en berne sur le premier semestre 2010, dans un contexte de marché des plus difficiles. Le fonds a ainsi accusé un recul de 1,7% de ses performances sur les six premiers mois de l'année. Après une performance de +2,6% au premier trimestre, celle du deuxième s'est établie à -4,2%.
«Ce deuxième trimestre s'est caractérisé par une très forte volatilité sur l'ensemble des marchés de taux d'intérêt et d'actions provenant à la fois des inquiétudes sur les risques souverains et des interrogations sur la vigueur de la croissance économique», relève le FRR par voie de communiqué.
Au 30 juin, le fonds de réserve affichait toutefois une performance annualisée nette de frais, sur la base de données estimées et non auditées, de +2,3% depuis le démarrage de ses investissements, en juin 2004. Le montant global des actifs du FRR s'établissait à 33,1 milliards d'euros à la fin du premier semestre, contre 28,8 milliards d'euros un an plus tôt et 33,9 milliards d'euros à fin 2009.
Concernant la structure globale des actifs du FRR, les actifs de performance représentaient 52,6% du portefeuille à fin juin 2010, composés en 44,3% d'actions, 4,7% de matières premières et 3,6% dans l'immobilier. Le solde du portefeuille (47,4%) reposait sur des actifs obligataires et monétaires.
L'annonce de ces résultats intervient en plein débat sur l'avenir du FRR. Dans le cadre de la réforme sur les retraites, présentée mi-juin par le ministre du travail Eric Woerth, les actifs du FRR doivent être transférés à la Cades (Caisse d'amortissement de la dette sociale) dès 2011. Ces actifs, dont la gestion restera à la charge du FRR, doivent permettre à la Caisse de faire face à ses échéances et de reprendre les déficits du régime de retraite prévus sur la période 2011-2018.
Dans une étude publiée début août, l'Edhec prônait pour sa part la préservation du FRR. «Cette prise de position publique nous semble importante car il nous est apparu que peu de voix s'étaient élevées contre la disparition d'un outil de sécurisation des retraites dont l'objectif avait au moment de sa création fait l'objet d'un large consensus», relevait l'Edhec.
Et de poursuivre: «une situation d'équilibre du régime des retraites à compter de 2018 apparaît comme un pari très risqué, ce qui nécessite un réexamen de la stratégie de suppression à terme du FRR».