Pour son exercice 2008, le Crédit Mutuel Arkéa avait passé ses comptes à la paille de fer. C'est donc en tout logique que le groupe (qui réunit les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central) présente des comptes 2009 de bien meilleure facture.
Le produit net bancaire (PNB) d'Arkéa a ainsi atteint en 2009 le montant record de 1,35 milliard d'euros, en progression de 25% par rapport à 2008. Le résultat brut d'exploitation double (à 376 millions), tandis que le résultat d'exploitation et le résultat net part du groupe quintuplent (à 200 et 154 millions respectivement).
«Ces résultats correspondent à ceux d'une bancassurance de détail pure», estime Jean-Pierre Denis, président d'Arkéa. En effet, les pertes dans les activités de banque de financement et d'investissement (BFI), qui avaient plongé de 97 millions à 167 millions entre 2007 et 2008, ont été réduites à 9 millions l'année dernière. Le compte propre n'est plus lié qu'aux besoins des clients. Il représente ainsi moins de 5% du bilan contre 10% en 2007, assure l'établissement.
De leur côté, l'assurance et la gestion d'actifs, à travers Suravenir et Federal Finance, ont apporté la forte contribution aux résultats du groupe. Le bénéfice du pôle a progressé de 18%; à 111 millions d'euros, il dépasse de trois millions le précédent record, établi en 2007.
A l'inverse, le nettoyage opéré en 2008 n'a pas eu d'effet sur la banque de détail, qui est handicapée par une croissance de ses provisions face à la montée des défaillances d'entreprises. Son bénéfice recule pour la deuxième année consécutive: 206 millions d'euros en 2007, 104 millions en 2008 et 52 millions en 2009. Arkéa enregistre une augmentation de son coût du risque de 90 millions. Celui du groupe augmente de 20%, à 177 millions.
Le groupe fait de la banque en ligne Fortuneo (lancée en novembre) et des services aux professionnels (via Procapital et Monext) ses priorités dans les cinq ans pour 2015: 30% de ses revenus devront être générés en dehors de ses structures internes. Mais il réfléchit aussi à redynamiser son réseau physique. Le lancement du pôle entreprises et institutionnels en juin dernier y participe. «Il s'agit de faire revenir du trafic dans nos agences, en développant des métiers connexes», explique Ronan Le Moal, directeur général d'Arkéa. La téléphonie, l'immobilier sont des pistes parmi d'autres.