La nouvelle a mis du temps à mobiliser les investisseurs. Au lendemain de l'annonce d'un accord entre le Crédit Agricole et Intesa Sanpaolo, qui prévoit que le premier réduise sa participation dans le second, contre l'acquisition de 150 à 200 agences du principal établissement italien, le titre de la banque verte a terminé la séance en hausse de 2% (à 10,75 euros), après avoir paressé pendant la majeure partie de la journée.
Georges Pauget, directeur général de Crédit Agricole SA, structure cotée du groupe mutualiste, avait pourtant déclaré en 2009 qu'il n'envisagerait pas d'acquisition à l'étranger. Cependant, le prix qu'il a évoqué pour cette transaction (autour d'un milliard d'euros, soit entre 5 et 6,6 millions par agence) n'est pas ce que l'on peut qualifier d'opération d'envergure: elle représente environ 4% de la capitalisation de CASA aux cours actuels.
Le groupe a des raisons de vouloir se renforcer en Italie. Déjà déteur de 665 agences depuis l'acquisition de CariParma et FriulAdria début 2007, essentiellement dans le Nord, «il couvrirait ainsi la moitié du pays, dans sa partie la plus riche», estime un analyste sous réserve d'inventaire – la négociation étant en cours sur les agences à reprendre. Mais la banque française connaît bien le marché, à travers ses deux filiales et via Intesa, dont il est actionnaire depuis une vingtaine d'années.
Située en Europe occidentale, l'Italie reste un marché moins mûr que la France par exemple. Il recèle un potentiel important d'amélioration pour les acteurs français, à l'image de BNP Paribas qui, en trois ans, a fait baisser le coefficient d'exploitation de BNL de 11 points, à 59,7%. «Les établissements transalpins sont traditionnellement assez faibles en gestion de l'épargne, explique un analyste. BNP Paribas s'est par exemple imposée en lançant des OPCVM d'assurance vie. Le crédit immobilier est également moins développé, les Italiens ayant tendance à payer cash.»
En outre, l'accord permet d'imaginer des ventes croisées importantes. Le Crédit Agricole dispose déjà d'une filiale de crédit à la consommation (Agos, contrôlée à 100% depuis 2008). Par ailleurs, la zone géographique privilégiée est riche en PME dynamiques et exportatrices: l'établissement sera en mesure d'accroître la diffusion de ses produits de sa banque de financement et d'investissement, CA CIB (ex-Calyon).