Le Conseil de stabilité financière va s'attaquer aux rémunérations des banques via les fonds propres

Le CSF laisse entendre que cela pourra se faire de manière indirecte en restreignant leur marge de manœuvre sur ce point

Par Bruno Sillard le 16/09/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

La réunion du CSF, le Conseil de stabilité financière qui se prononcera lors du prochain G20 de Pittsburgh les 24 et 25 septembre sur la manière dont les entreprises financières doivent restructurer leurs grilles des rémunérations, a permis de jauger l'immensité de la tâche. Les banques devront augmenter leurs fonds propres et auront moins d'argent pour proposer des bonus juteux, a déclaré le Conseil de stabilité financière réuni à Paris, hier mardi.

Si Nicolas Sarkozy veut un plafonnement des primes, le CSF laisse entendre que cela pourra se faire de manière indirecte en restreignant la marge de manœuvre des banques sur ce point. « Je pense qu'il y a eu des signes encourageants, mais nous sommes encore confrontés à bien des difficultés, une allocation de crédits qui reste faible, surtout dans les PME ». a déclaré le président du CSF Mario Draghi lors d'une conférence de presse. « Il est important que les groupes financiers conservent leurs bénéfices pour rebâtir leur capital et soutenir le crédit », rajoute-t-il. 

« Nous traitons de la nécessité des firmes de conserver leurs ressources », commente un responsable. « Cela touche à la fois les rachats de titres, les taux de rémunération, les primes. Cela induit des restrictions sur la grille des rémunérations en fonction de la totalité des revenus de l'établissement pendant un certain temps, jusqu'à ce que les ressources en fonds propres aient été rétablies ».  Le conseil devrait émettre des directives précises, lors du sommet du G20. Elles doivent établir des principes sur la structure, la divulgation et la gouvernance des politiques de rémunération dans le secteur bancaire. 

« Les rémunérations ne sont pas seulement un facteur de la crise, mais également l'un des problèmes », que les contribuables demandent aux gouvernements de résoudre, a déclaré le gouverneur de la Banque centrale d'Argentine, Martin Redrado, à l'issue de la réunion du CSF à Paris. « Nous voulons voir un meilleur comportement des banquiers dans le monde [...] davantage de responsabilité et des normes éthiques plus exigeantes que ce que nous avons pu observer jusqu'ici. » Mais les observateurs estiment toutefois qu'il serait difficile pour le CSF d'établir des directives mondiales, expliquant qu'il faudrait plutôt agir pays par pays.

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