Dix mois après la proposition de la SEC d'une règle visant à interdire le flash trading [opération qui permet de connaître une fraction de seconde à l'avance les ordres passés par l'ensemble des opérateurs et avant qu'ils ne soient rendus publics, ndlr] les acteurs du trading ont fait part de leurs commentaires, selon le Wall Street Journal, sur la pratique de marché proposée par certaines bourses ou plates-formes électroniques.
L'opération d'achat ou de vente de titres réalisée en un éclair a été pointée du doigt par de nombreux investisseurs pour son caractère déloyal puisqu'elle offre à certains acteurs, notamment les traders à haute fréquence, de pouvoir geler un ordre sur une place de négociation et de prendre connaissance de la direction du marché avant les autres.
Sur ce point, Nasdaq OMX, qui avait décidé d'interdire les ordres flash sur les actions à l'automne dernier après l'interdiction proposée par la SEC, a confirmé dans sa lettre d'observation sa position, précisant que «les ordres flash dégradent la transparence et les fonctions de découverte du prix qui sont au cœur d'un véritable système de marché national». A l'automne dernier, des places et des acteurs de marché s'étaient mis d'accord pour mettre un terme aux ordre flash sur les marchés actions américains. Nasdaq OMX et BATS Global Markets avaient été les premiers à arrêter d'offrir au marché ce service en septembre.
Mais le rôle joué par la pratique sur les marchés des produits dérivés représente un point de désaccord entre places de marchés. Le Chicago Board Options Exchange, le CBOE, de son côté, a mis en exergue l'intérêt économique de la pratique, rappelant que les ordres flash avaient permis à ses utilisateurs d'économiser plus de 3,6 millions de dollars sur un seul mois. «Cet avantage très tangible pour les investisseurs ne devrait pas être ignoré par la Commission [de la SEC, ndlr] quand elle considère de proposer l'interdiction du flash», souligne Nasdaq OMX. La place de marché des options de Chicago critique l'absence de données démontrant le danger que pourrait représenter les ordres flashs pour les investisseurs. Pour sa part, Nyse prône l'interdiction du flash trading sur le marchés des options, notant «la nature particulièrement pernicieuse des mécanismes d'ordres flash dans les options».