Lazard Frères Gestion (LFG) veut sortir du village gaulois. Alors que le groupe Lazard a fondé le gros de son développement international dans la gestion à travers sa filiale américaine Lazard Asset Management (LAM), l'entité française essaime hors de ses frontières.
Déjà présent à Bruxelles depuis trois ans, LFG compte ouvrir une antenne en Suisse cette année. «La Suisse reste un marché de premier plan pour la banque privée onshore et offshore», estime François-Marc Durand, associé-gérant de la banque en charge de LFG. La société française espère ensuite s'attaquer à d'autres marchés jugés porteurs, dans l'ordre l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne.
Y-a-t-il un risque de doublon avec l'entité américaine ? «Lazard Asset Management est présent auprès des très grands institutionnels tels que les fonds de pension et les fonds souverains, répond François-Marc Durand. Lazard Frères Gestion se consacre plutôt à une clientèle de banque privée, pour des comptes de plus d'un million d'euros, et au conseil d'institutionnels hors du circuit des grands appels d'offres». LAM n'est d'ailleurs présent ni en Suisse ni en Espagne.
Malgré la crise financière, la société continue donc d'investir dans son développement. L'année 2009 a marqué un redressement, tant en termes de rentabilité que d'actifs, avec 9,2 milliards d'encours à fin 2009 (+15%) et déjà 10 milliards à ce jour. La collecte, de 972 millions l'an dernier hors mandats, doit atteindre 1,1 milliard cette année.
Lazard Gestion compte notamment sur le segment des conseillers en gestion de patrimoine. La société s'est lancée il y a tout juste un an sur ce créneau avec une équipe de trois commerciaux – un quatrième recrutement est en cours – et affiche 750 CGP en portefeuille. «Nous comptions réaliser en trois ans entre 5 % et 10 % de notre collecte sur ce marché. Nous pourrions réaliser l'objectif dès cette année, ou l'an prochain», indique François-Marc Durand.
La société investit aussi dans son offre. Elle vient ainsi de recruter quatre anciens de SGAM AI pour lancer un fonds destiné à profiter des décotes sur les introductions en Bourse, un produit dans l'air du temps. Au total, à fin 2012, la société vise les 15 milliards d'euros d'encours sous gestion. Le tout par croissance organique, même si LFG a regardé quelques dossiers de croissance externe comme Tocqueville Finance l'an dernier.