Les autorités de la concurrence australiennes ont jusqu'au 17 mars pour donner leur verdict entre les offres concurrentes d'AMP et de National Australia Bank (NAB) sur Axa Asia Pacific Holdings (APH). Pour autant, cela n'empêche pas l'Australian Competition and Consumer Commission (ACCC) de distiller ses impressions. Dans un avis publié hier, elle estime que «la proposition de NAB soulève davantage d'inquiétudes que celle d'AMP». Pour mémoire, les deux groupes se disputent APH, dont ils souhaitent revendre les actifs asiatiques à Axa, ne conservant que les activités australiennes et néo-zélandaises.
Selon l'ACCC, plusieurs points méritent d'être soulevés. L'autorité de la concurrence se demande notamment si l'échec de l'offre d'AMP sur Axa ne risquerait pas d'entamer la viabilité de la société en tant qu'acteur significatif face à ses concurrents, voire menacer son indépendance. Elle n'exclut pas non plus la probabilité qu'AMP devienne à son tour la cible d'une acquisition.
Le marché australien de la gestion est en effet déjà relativement concentré. En dehors d'AMP, il est dominé par quatre banques: le document cite Commonwealth Bank of Australia, Westpac Banking Corporation, NAB et ANZ Banking Group. En outre, «toute entaille à la concurrence provoquée par une consolidation accrue dans les plates-formes d'investissement pour les particuliers aura probablement des effets sur les autres segments de marché, comme les produits d'investissement, de retraite et d'assurance-vie. En effet ces plates-formes représentent un canal de distribution important pour ces produits», estime l'ACCC.
En effet, privilégiant une stratégie de «marque blanche», AMP sous-traite l'administration des plates-formes qu'il utilise, ce qui l'oblige, selon l'autorité de la concurrence, à adopter une démarche commerciale «agressive». NAB, lui, fournit directement ce service. Une fusion NAB-APH donnerait à l'acquéreur une part de marché supérieure à celle de Westpac. Le scénario AMP accorderait à ce dernier un taux de pénétration légèrement inférieur à celui de Westpac et de NAB. En clair, le premier scénario aurait davantage tendance à déséquilibrer le marché.
Afin d'affiner sa position, l'autorité demande à tous les acteurs du marché concernés par l'opération d'apporter leurs commentaires jusqu'au 26 février.