Lafarge reprend son souffle en Bourse. Le titre du premier cimentier mondial a affiché une hausse de 5,49% mercredi, à 38,35 euros, tandis que son CDS se détendait de 60 points de base à 327 pb. Le groupe bénéficiait de la décision de Moody's, la veille, de confirmer sa note Baa3, au dernier cran de la catégorie investisseur, que l'agence de notation avait mise sous surveillance. Moody's avait menacé début août de dégrader cette note en catégorie «junk». Le groupe français avait revu en baisse fin juillet sa prévision de demande de ciment pour 2010 qui serait désormais comprise entre -1% et +3%, contre une fourchette précédente de 0% à +5%.
«Cette confirmation a été motivée par la conviction de Moody's que, progressivement, le niveau d'endettement par rapport aux fonds propres de Lafarge se rapprochera des ratios qui conviennent aux catégories d'investissement», a précisé Matthias Hellstern, responsable de la couverture de la société. Outre les différentes mesures de réduction de coûts et de désendettement déjà engagées par le groupe, Moody's s'attend à ce que des cessions d'actifs permettent progressivement à Lafarge de retrouver des ratios conformes à la catégorie d'investissement d'ici mi-2012 ou fin 2012, précise l'agence. La dette, héritée pour moitié environ de l'acquisition de l'égyptien Orascom en 2007-2008, a légèrement baissé de 1% à 15,2 milliards d'euros à la fin juin, par rapport à la période identique de l'an dernier.
Le titre profite également d'un relèvement de recommandation de CA Cheuvreux, passée de «sous-performance» à «surperformance» mercredi pour des raisons de valorisation tout en révisant en baisse, de 48 à 46 euros, son objectif de cours. Cheuvreux estime que le marché a déjà intégré des baisses substantielles d'un consensus qui s'adapte lentement. L'analyste estime que le cours du titre est désormais proche de son point bas. CA Cheuvreux est également passé à l'achat sur HeidelbergCement, le concurrent allemand de Lafarge.
L'incertitude pèse sur l'ensemble de l'industrie cimentière. Dans le sillage de Lafarge, Holcim, le numéro deux mondial a vu son bénéfice reculer de 37,2 % au premier semestre. Affectées par les coupes dans le budget des Etats, les ventes en Europe et en Amérique du Nord sont à la baisse.