La taxe sur les entrées de capitaux au Brésil n'empêchera pas la hausse du real

Compte tenu du potentiel de croissance du pays, les flux d’investissement dans les actions et les obligations ne devraient pas souffrir de cet impôt de 2 %

Par Violaine Le Gall le 22/10/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

La taxe sur les entrées de capitaux au Brésil n'empêchera pas la hausse du real

Depuis le début de l'année, le real brésilien a grimpé de 33 % face au dollar et de 24 % face à l'euro, sous l'effet du regain d'appétit pour le risque et de la reprise de l'économie brésilienne. Cette appréciation pesant sur les exportations du pays, le gouvernement vient de créer une taxe de 2 % sur les investissements de portefeuille en actions et en obligations. Les investissements directs étrangers sont exemptés. L'offre de Vivendi sur GVT ne serait donc pas touchée par cette taxe. En 2008, le Brésil avait déjà introduit un impôt du même type avant de le supprimer, crise des émergents oblige.

Le Brésil entend aussi limiter la volatilité sur ses marchés. L'indice Bovespa a bondi de 77 % depuis le début de l'année. «La forte hausse des entrées de capitaux volatils a généré des craintes de la part du gouvernement quant au risque de spéculation sur les valeurs brésiliennes, qu'un retournement des anticipations dégonflerait aussitôt», expliquent les économistes de Natixis.

Mais l'efficacité de la mesure est incertaine. «Même si la taxe peut limiter l'attractivité du Brésil, elle ne devrait pas avoir d'impact significatif sur les entrées de capitaux», estime Harpreet Parhar, stratégiste crédit de Calyon. De fait, les investisseurs à la recherche de rendements élevés et de marchés en croissance continueront de s'intéresser à ce pays. La banque centrale pourrait l'an prochain remonter son taux directeur, à 8,75 % actuellement. Et le produit intérieur brut pourrait rebondir de 4 à 5 %.

Cette taxe rappelle en tout cas aux investisseurs que le Brésil reste un pays émergent. «Il y a beaucoup de risques inhérents qui doivent être étudiés au moment d'investir sur ces marchés. Le changement soudain de législation fait partie de ces risques», explique Calyon.

Du reste, d'autres pays émergents pourraient s'inspirer de l'initiative brésilienne pour contenir la hausse de leur monnaie. «Le différentiel de croissance entre les pays émergents et les pays développés devant augmenter en 2010, les flux de capitaux vont grossir en direction des premiers. Au lieu des interventions pour stériliser les entrées de capitaux, ce qui peut être coûteux, des pays, en particulier en Asie, pourraient envisager de copier le Brésil, qui est devenu une référence parmi les pays émergents», estime Thomas Fallon, responsable marchés émergents à La Française des Placements.

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