Le Japon ne viendra pas faire mentir les indicateurs mesurant une faible reprise mondiale. L'économie de l'Archipel a quasiment stagné au deuxième trimestre, ne progressant que de 0,1% par rapport au trois premiers mois de l'année. Une situation qui lui vaut de perdre sa place hautement symbolique de deuxième économie mondiale au profit de la Chine. Au deuxième trimestre, le PIB chinois a en effet atteint 1.336,9 milliards de dollars contre 1.288,3 milliards pour celui du Japon. Si, sur un semestre le PIB de l'Archipel reste supérieur à celui de son challenger, il y a toutefois peu de chance que le Japon réussisse à conserver sa place. Malgré une baisse de régime, en rythme annuel, la Chine a enregistré une croissance de 10,3% au deuxième trimestre, contre 0,4% pour le Japon.
Après un premier trimestre plutôt bon, à 1,1%, la croissance japonaise a pâti au deuxième, de la mollesse de sa demande intérieure. La consommation locale n'a en effet connu aucune augmentation d'un trimestre sur l'autre. Les prix à la consommation quant à eux hors alimentation sont ancrés dans une spirale déflationniste depuis 16 mois et leur indice a reculé de 1% sur un an en juin. Les exportations, fer de lance du pays, n'ont quant à elles pas réussi à tirer le PIB, face à un yen qui ne cesse de battre des records.
Hier, le yen s'est encore apprécié face au billet vert, un dollar valait 85,29 yens, contre 86,24 vendredi. Le dollar/yen se rapproche ainsi dangereusement de son record historique atteint en 1995 à 80,95. Face à la flambée du yen, «la Banque du Japon pourrait mettre en œuvre une politique monétaire plus accommodante au cours des prochaines semaines», prévoient les équipes de recherche de BNP Paribas. Une entrevue est d'ailleurs prévue dans les prochains jours entre le Premier ministre et le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ). Sous l'hypothèse d'une politique inchangée, BNP Paribas s'attend à «une reprise de la croissance au troisième trimestre, suivie par une diminution au quatrième semestre et au premier semestre de 2011.»
La faiblesse de la croissance japonaise a envoyé les bourses mondiales dans le rouge. Le Nikkei a clôturé hier en baisse de 0,61%. Wall Street, dans le sillage des bourses européennes, a aussi ouvert en baisse. Le Dow Jones perdait 0,76% à l'ouverture.