«La fête est finie», assure BNP Paribas au sujet du marché immobilier résidentiel au Royaume-Uni. Le consommateur y observe en effet l'horizon économique avec grande anxiété. En dépit de chiffres encourageants sur le front de la croissance ces derniers mois, la confiance s'évanouit face à la rigueur budgétaire promise par le tout nouveau gouvernement.
Ce climat a tôt fait de porter un coup d'arrêt à la reprise du marché immobilier. En témoigne la publication hier par Nationwide d'un repli de 0,5%, ajusté des variations saisonnières, du prix moyen d'un bien en juillet par rapport à juin, à 169.347 livres très précisément (près de 203.000 euros). Il s'agit selon le prêteur de la première baisse mensuelle depuis février, qui ampute de 2,1 points le rythme de progression annuelle, à 6,6%.
L'indice du prix des biens établi par Hometrack avait déjà affiché son premier repli depuis quinze mois en juillet, tandis que Rightmove a assuré que les vendeurs consentaient ce mois-ci une baisse du prix de mise sur le marché pour la première fois cette année.
Et le retournement de ce marché, «extrêmement vulnérable» selon l'économiste de l'immobilier Ed Stansfield chez Capital Economics, pourrait bien se confirmer. Nationwide remarque que le niveau d'activité du marché reste moitié moindre que celui observé avant la crise. Et, surtout, les banques ne se portent pas au chevet de cette demande en souffrance, affectées par la crainte de voir les revenus disponibles rognés ces prochaines années. Les statistiques publiées hier par la Banque d'Angleterre montrent ainsi que l'octroi de crédits a atteint un plus bas de quatre mois en juin.
Constatant ce sombre panorama, les économistes de BNP Paribas font pourtant part de leur surprise, puisque ce regain de morosité survient «avant même que la BoE n'ait commencé à relever ses taux ou que le tour de vis fiscal ne soit entré en pratique». Le Gouverneur de la BoE, Mervyn King, a en effet prévenu qu'il pourrait bien s'écouler une période «considérable» avant que le taux directeur, actuellement à un plus bas historique de 0,5%, ne revienne à un niveau «normal». Les analystes de la banque française soulignent qu'en misant sur une stabilité mensuelle des prix résidentiels britanniques jusqu'à la fin de l'année, leur progression se limitera à 2,4% sur 2010.