Des résultats jugés solides, malgré leur effondrement. Le marché comme la direction d'Ericsson a estimé que la publication avancée de plus d'une semaine des résultats annuels du groupe était en effet moins mauvaise qu'attendu. Grâce à un «très, très bon» quatrième trimestre au cours duquel l'équipementier télécoms a enregistré une hausse de 23% de ses ventes, le groupe a vu son chiffre d'affaires annuel progresser de 11%, à 208,9 milliards de couronnes suédoises (19,2 milliards d'euros). Affecté par des charges de 6,7 milliards de couronnes en lien avec le plan de restructuration du groupe, dont le tiers enregistré sur les trois derniers mois de 2008, le bénéfice net d'Ericsson a fondu de 48%, à 11,7 milliards. En conséquence, le conseil d'administration du groupe va proposer à ses actionnaires le versement d'un dividende de 1,85 couronne par action, contre 2,50 couronnes l'an dernier.
Des chiffres salués par les analystes, qui ont notamment apprécié le niveau de la marge opérationnelle du groupe, certes en retrait de 5 points sur l'année (11,4%) mais pratiquement constant sur le dernier trimestre (13,7%). Les investisseurs s'inquiètent toutefois de l'absence de prévisions concrètes pour cette année. Ericsson s'est en effet contenté d'expliquer que les effets de la récession économique ne devraient pas être aussi «significatifs» qu'on pourrait le penser sur le marché des réseaux de téléphonie mobile. En l'espèce, même si l'activité du groupe souffre, il est «excessif» selon lui d'envisager que cela soit le cas pour l'ensemble de 2009.
Néanmoins prudent, le directeur général du géant scandinave, Carl-Henric Svanberg, a expliqué qu'il allait poursuivre son plan de réduction des coûts, alors que celui-ci a dépassé les objectifs fixés en la matière l'an dernier. Parmi les décisions concernant l'extension de ce plan figurent la délocalisation de certaines activités dans des pays à coûts moins élevés, ainsi que la suppression de 5.000 emplois, dont un sur cinq en Suède, notamment des intérimaires et des consultants. Le dirigeant a averti que sa société allait donc enregistrer cette année de nouvelles charges liées à sa restructuration comprises entre 6 et 7 milliards de couronnes, mais que cela devrait donner lieu à 10 milliards d'économies annuelles d'ici au second semestre 2010.