La montée en puissance du nucléaire chinois aiguise son besoin d'uranium

La Chine affiche son appétit pour l'uranium, indispensable au développement d'un futur parc nucléaire estimé à 80 gigawatts en 2020

Par Olivier Sasportas, à Pékin le 09/08/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

La China Guangdong Nuclear Power Holding Corp (CGNPC), l'une des deux compagnies chinoises à avoir le droit d'importer de l'uranium vient d'annoncer la signature d'un protocole d'intention avec l'australien Paladin Energy. Au terme de ces pourparlers, le producteur devrait créer une société mixte avec son nouveau partenaire chinois et devenir l'un de ses fournisseur en matière fissile.
La CGNPC n'en est pas à son coup d'essai en Australie, Fin 2009 la société chinoise avait déjà réussi à s'emparer de 70% du prospecteur d'uranium Energy Metals. Elle entretient également des discussions avec le canadien Cameco, deuxième plus gros producteur d'uranium au monde. Au mois de juin, la China National Nuclear Corporation (CNNC) l'autre principal acteur du nucléaire chinois, avait emporté un contrat avec le canadien, s'assurant l'approvisionnement de 10.000 tonnes d'uranium sur les dix prochaines années.
La Chine compte actuellement onze centrales en activité et vingt des vingt-huit nouveaux projets approuvés par Pékin sont en cours de construction. Selon la National Energy Administration (NEA) l'objectif serait de monter les capacités de production à 80 gigawatts en 2020. Elle s'établissent aujourd'hui à 10 gigawatts.
En 2020 la demande chinoise d'uranium pourrait donc atteindre les 20.000 tonnes l'an, alors qu'en 2009 la production du pays a été estimée à 750 tonnes par la World Nuclear Association, pour une production mondiale qui représentait 50.772 tonnes.
Outre en Australie et au Canada, Pékin cherche aussi à sécuriser ses besoins en uranium au Niger et surtout au Kazakhstan, pays devenu en 2009 le premier producteur mondial. A la suite d'accords entre CGNPC et Kazatomprom en juin, les gouvernements de Pékin et d'Astana ont eux aussi décidé de coopérer pour le développement de l'énergie nucléaire.
Après avoir bouleversé le marché du minerai de fer, l'appétit chinois pourrait modifier celui de l'uranium et plus largement toute l'industrie du nucléaire. Dans ce contexte les grandes firmes étrangères telle que la française Areva ont leur carte à jouer, sans perdre de vue que, champion des exportations, Pékin compte bien obtenir un rôle à sa mesure dans ce secteur.

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