La livre est attaquée de toutes parts

Les craintes croissantes sur la capacité du pays à redresser ses finances pénalisent la devise britannique

Par Tân Le Quang le 02/03/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

La livre est attaquée de toutes parts

La livre a commencé 2010 du mauvais pied. Le marché des changes, qui avait très mal digéré le déficit historique enregistré en janvier, a sanctionné la devise d'outre-Manche hier après la publication d'un sondage dimanche suggérant qu'aucun des partis politiques n'obtiendra de majorité lors des prochains élections. L'euro/livre a bondi hier de 0,8% à 0,902 après avoir touché un plus haut de 0,9149. La parité affiche ainsi une baisse de 4,6% depuis son plus bas de 2010 de 0,8657 atteint le 28 janvier.

Tandis que beaucoup d'observateurs considèrent le Royaume-Uni en risque sur sa dette et son déficit au même titre que les pays périphériques de la zone euro, ce sondage fait craindre d'éventuels risques d'exécution des mesures de redressement budgétaire. Au vu du besoin d'un plan crédible pour ramener le déficit budgétaire britanniques vers des niveaux soutenables, Bank of Tokyo-Mitsubishi UFG estime qu'«une victoire du parti travailliste endommagerait la crédibilité budgétaire du Royaume-Uni à un moment crucial».

Selon HSBC, les derniers chiffres évaluent le déficit budgétaire à environ 12% du PIB (similaire à la Grèce) et le ratio de dette sur PIB a crû à 60%. En janvier, les investisseurs étrangers ont vendu 1,49 milliard de livres de Gilts, un record depuis avril 2009.

Mais la livre, sous l'effet d'événements externes a aussi reculé face au billet vert, de 1,6% à 1,4784 dollars, cassant ainsi la barre des 1,50 dollars pour la première fois depuis dix mois. La baisse de 12% du cours de Prudential - qui déboursera 35,5 milliards de dollars pour racheter AIG - a aussi nourri cette dépréciation de la livre.

La nervosité du marché est palpable. Sur une semaine, la volatilité hebdomadaire de l'euro/livre est passée de 7,9% à 11,7%. Surtout, après la Grèce, le Royaume-Uni fait les frais des spéculateurs qui semblent avoir choisi le terrain du change, plutôt que les CDS. Selon les données de la CFTC, les positions nettes de contrats futures pariant sur la chute de la monnaie ont crû, passant de 56.079, au 16 février, à 62.884, une semaine plus tard. Les spreads des CDS britanniques sont en revanche restés stables à 86 pb. Un niveau encore loin des 102 pb atteint le 4 février. Les taux à 10 ans se sont toutefois tendus de 4 pb à 4,068%.

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