La hausse des rendements des emprunts d'Etat s'annonce modérée

La demande de titres limite les tensions sur le 10 ans, malgré d'importantes émissions et les stratégies de sortie des banques centrales

Par Violaine Le Gall le 08/10/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Malgré le rebond des marchés actions depuis l'été, l'appétit pour les actifs sans risque, les obligations d'Etat, ne s'estompe pas. Il a même tendance à augmenter. Depuis le 22 septembre, le rendement des obligations allemandes à dix ans est ainsi passé de 3,39 % à 3,15 %. Aux Etats-Unis, le constat est le même. Le taux des Treasuries à dix ans s'est détendu de 28 points de base (pb) à 3,2 % depuis le 21 septembre. 

La perspective d'une reprise molle soutient le marché obligataire, tout comme les anticipations d'une faible inflation, voire de déflation en 2010. «Il me semble que les risques autour des perspectives d'inflation sont orientés à la baisse [...] Il ne faudrait pas une baisse importante de l'inflation pour courir le risque d'une déflation en termes secs», a déclaré William Dudley, de la Fed de New York. Pour les stratégistes de Société Générale, «la dernière missive de Dudley est clairement très haussière pour les obligations».

Par ailleurs, la forte demande d'obligations d'Etat maintient les rendements à un niveau faible. «En zone euro, les banques ont acheté 55 % des nouvelles dettes souveraines sur les six premiers mois de l'année», souligne David Keeble, responsable de la stratégie taux de Calyon. Aux Etats-Unis, «les Treasuries bénéficient du vaste programme d'achat de la Fed, de la demande des investisseurs étrangers et domestiques», explique Nicolas Forest, responsable de la stratégie taux chez Dexia AM. Cet appétit sur les titres devrait se maintenir d'après les spécialistes.

De quoi atténuer les tensions qui devraient se faire sentir sur les rendements obligataires. Car les Etats vont encore placer sur le marché un volume de dette important en 2010. Les émissions d'emprunt d'Etat dans la zone euro atteindraient 934 milliards d'euros l'an prochain contre 893 milliards en 2009 d'après Calyon. Les stratégies de sortie des banques centrales et une progressive remontée des taux directeurs pénaliseront en outre le marché des obligations d'Etat, en limitant notamment l'intérêt des stratégies de portage.

Dans ce contexte, les opérateurs anticipent une remontée modeste des rendements. Calyon anticipe, pour fin 2010, un rendement à dix ans à 4,30 % pour le Bund et 4,50 % pour les Treasuries. Barclays Capital table sur un taux à 4,35 % pour le premier et à 4,60 % pour les seconds sur le même horizon.

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