Les banques grecques payent au prix fort les mesures d'austérité budgétaire lancées par Athènes pour résorber le déficit de la Grèce. Les agents économiques du pays périphérique ont nettement réduit leurs dépôts. Pris à la gorge par des baisses de salaires, le relèvement de la TVA de 19% à 21% et un taux d'inflation élevé, les ménages en viennent à retirer à un rythme accéléré leurs liquidités de leurs comptes bancaires pour faire face au coût de la vie.
Le bilan parle de lui même. Les dépôts dans les comptes des banques nationales ont chuté de 9% depuis décembre. D'après les chiffres de la Banque de Grèce, les dépôts d'entreprises et des ménages en juin sont ressortis à 216,5 milliards d'euros, contre 238 milliards à fin 2009. Une contraction qui réduit la capacité de distribution de crédit des établissements bancaires, qui n'ont déjà plus accès aux marchés monétaires pour se financer, et contribue en grande partie à la chute vertigineuse de leur résultats semestriels et de surcroît de leur cours en bourse.
La première banque du pays, National Bank of Greece (NBG), a vu son résultat plonger de 79%, à cause non seulement de la baisse des dépôts mais aussi du déclin du prix des obligations d'Etat grecques et de l'impôt sur les bénéfices exceptionnels. Les pertes sur prêts, elles, ont fait reculer de 61% et 62% les résultats respectifs au deuxième trimestre d'EFG Eurobank Ergasias et d'Alpha Bank.
Cette situation ne fait qu'accroître la dépendance des banques grecques au financement de la BCE. NBG, qui a subi des retraits de liquidité ayant atteint 4% des dépôts au deuxième trimestre, a, d'après UniCredit, augmenté ses emprunts auprès de l'autorité monétaire entre avril et juin de 6,4 milliards d'euros à 21,3 milliards. Selon la société de courtage grecque Euroxx Securities, le financement cumulé obtenu par les banques helléniques auprès de l'institution européenne en juillet s'est établi à 96,2 milliards d'euros, contre 94 milliards en juin. Alors qu'une consolidation du secteur bancaire local est vue par beaucoup d'observateurs comme une solution de survie pour les établissements, l'extension des offres de liquidités illimitées jeudi par la BCE constitue une bouffée d'air pour les banques grecques.