Christine Lagarde peut se réjouir, la France devrait finalement enregistrer la croissance annuelle prévue. Le PIB a augmenté de 0,6% au deuxième trimestre, selon les chiffres préliminaires publiés vendredi, par l'Insee. Une performance meilleure que prévu (0, 5% selon les anticipations de l'Insee, 0,4% selon celles de la Banque de France) et à laquelle vient s'ajouter une révision pour le premier trimestre de 0,1 à 0,2%. Des résultats encourageants qui font dire à la ministre de l'Economie et des Finances que «si on ne faisait que 0,2% aux troisième et quatrième trimestres, on tiendrait notre prévision de 1,4% pour l'année». Le ministre du Budget, François Baroin, a même laissé entendre samedi sur France Info que cet objectif de 1,4% pourrait être dépassé. Pour rappel, en 2009, le PIB s'est contracté de 2,5%. Cependant, si dans l'absolu, l'économie française envoie des signaux de reprise, à côté du dynamisme allemand affiché ce trimestre, elle paraît en situation d'inertie.
L'Allemagne, première puissance de la zone euro, a en effet annoncé une croissance de 2,2%, pour le deuxième trimestre 2010. Un niveau bien plus élevé que prévu (1,3% selon le consensus des économistes) et surtout la meilleure performance du pays depuis 1987. Le chiffre de la croissance du premier trimestre a en outre été révisé à la hausse, à 0,5% contre 0,2% initialement annoncé. Plusieurs économistes envisagent désormais une hausse d'au moins 3% du PIB allemand cette année.
C'est le commerce extérieur qui creuse fortement l'écart entre la France et l'Allemagne. Alors que la baisse de l'euro a dynamisé les exportations allemandes, permettant au pays d'enregistrer un excédent commercial de 60,2 milliards d'euros, la France, n'a elle pas su profiter du dynamisme venu des émergents. Le solde commercial français s'est détérioré à -25,6 milliards d'euros contribuant pour -0,4 point à la croissance du PIB.
L'Allemagne s'impose donc comme moteur de la croissance de la zone euro, qui selon les chiffres d'Eurostat atteint au deuxième trimestre, son rythme le plus élevé depuis plus de trois ans, à 1%. La France de son côté surperforme les pays du Sud, mais reste plus proche de l'Italie (0,4% au deuxième trimestre) que de son voisin d'outre-Rhin. Au troisième trimestre, l'ensemble de la zone euro devrait ralentir. Quant à 2011, le gouvernement français anticipe de son côté toujours une croissance de 2,5% pour le pays. Une prévision jugée trop optimiste par le FMI, entre autres.