Quelques semaines après la vente par E.ON de son réseau de transmission électrique au néerlandais Tennet, c'est au tour de l'électricien suédois Vattenfall d'annoncer la cession prochaine de son réseau d'électricité en Allemagne orientale «pour une valeur d'entreprise de 810 millions d'euros». Cette filiale de Vattenfall nommée «50Hertz Transmission», comprenant 9.700 km de lignes à haute et très haute tension, va être rachetée par Elia, gestionnaire du réseau de transport électrique belge, qui contrôlera 60% du capital de la société au côté du fonds spécialisé australien IFM (Industry Fund Management) qui prendra une participation de 40%.
Elia financera cette opération «par une augmentation de capital planifiée à la fin du deuxième trimestre 2010» au moment de la clôture estimée de la transaction. Cette transaction «constitue une étape majeure dans la construction du marché européen de l'électricité», commente le groupe belge qui deviendra le quatrième opérateur indépendant de transport d'électricité en Europe ; la base d'actifs régulés (regulatory asset base ou RAB) du nouvel ensemble représentera 5,1 milliards d'euros.
Vattenfall chiffre à «3 milliards d'euros d'ici à 2016» les investissements qui seront poursuivis par les futurs acquéreurs dans les interconnexions et les extensions de lignes. Celles-ci sont «indispensables pour permettre le transport fiable de l'électricité produite essentiellement par des parcs éoliens situés dans des zones côtières à faible consommation jusqu'aux régions fortement consommatrices à l'intérieur des terres». Le renforcement du système électrique doit dans ce contexte aller de pair avec une flexibilité de production accrue.
Même s'il paraît tentant de comparer le prix de cette transaction à celui obtenu par E.ON (1,1 milliard d'euros pour 10.700 km de lignes), «le niveau des investissements futurs joue un rôle important dans le prix convenu entre les parties pour ce type d'actifs», estime un analyste parisien contacté par L'Agefi. Il semble donc également ardu d'en tirer des conclusions sur la valorisation potentielle du réseau britannique d'EDF que l'électricien français doit prochainement céder. Alors que la date limite du dépôt des offres a été repoussée à fin mars selon l'agence DowJones, l'homme d'affaires Li Ka Shing aurait fait début mars une proposition de rachat qui s'élèverait à 4,4 milliards d'euros.