Le coup de tabac sur le nautisme s'est trouvé confirmé une nouvelle fois avec la publication du chiffre d'affaires de Bénéteau. Les ventes du constructeur de bateaux de plaisance ont reculé de 46,7 % à 238,4 millions d'euros à l'issue du semestre clos au 28 février. A périmètre comparable, le chiffre d'affaires chute de 42,6 %. « Les réalisations du premier semestre et le niveau des carnets de commandes permettent au groupe de confirmer la prévision de chiffre d'affaires annuel en repli de l'ordre de 40 % à périmètre comparable », souligne Bénéteau qui envisage la suppression de 590 emplois sur 1.590.
Sur le marché des voiliers, où la France est leader avec Bénéteau, le groupe Poncin a obtenu du tribunal de commerce de la Rochelle la prolongation de sa mise sous sauvegarde jusqu'au 31 mai pour tenter d'achever la renégociation de sa dette bancaire tandis qu'aux Sables d'Olonne, ville de départ et d'arrivée du Vendée Globe Challenge, J-Europe a réduit de plus de moitié ses effectifs.
C'est l'ensemble du secteur qui est frappé par la déferlante, voir même emporté comme le constructeur de yachts de luxe Couach qui s'est déclaré fin mars en cessation de paiement. Début avril, Rodriguez Group, également positionné sur un segment similaire, a annoncé son placement en procédure de sauvegarde.
Aux Etats-Unis, le premier producteur mondial de bateaux à moteur et de yachts, Brunswick a réduit ses effectifs d'un tiers l'an passé.
La chute de 50 % de la demande observée entre septembre et novembre, période où la moitié des commandes de la saison est habituellement passée, se traduit désormais chez les constructeurs par des niveaux de stocks si élevés qu'il leur faut avoir recours au chômage technique. Les bateaux livrés chez le concessionnaire au printemps pour être vendus au début de l'été ont été mis en chantier l'année précédente, il faut donc payer le fournisseur longtemps avant la vente. En période de crise, où les plaisanciers ont également tendance à garder leur bateau plus longtemps où à se tourner davantage vers le marché de l'occasion, les entreprises connaissent donc un point bas en trésorerie, ce qui explique que pas mal de chantiers se retrouvent en faillite.