La confiance aurait-elle déserté la banque privée à l'occasion de la crise financière ? Certainement pas, ont soutenu de façon presque unanime les participants à une table ronde sur le sujet dans le cadre d'un colloque organisé conjointement le 8 décembre à Paris par Luxembourg for Finance et Paris Europlace ("L'avenir de la banque privée : rétablir la confiance").
"Rétablir la confiance, ce n'est pas le sujet", a ainsi lancé Frédéric Genet, CEO de la Société Générale Bank and Trust à Luxembourg. "Ce qui va changer, c'est qu'on va devoir être plus transparent, c'est-à-dire donner plus d'explications, par exemple sur les profils de risque, le choix des classes d'actifs. En outre, on est désormais obligé de documenter", a-t-il poursuivi. "Il faut recapitaliser la confiance dans la banque en général, mais pas dans la banque privée", a estimé pour sa part Guillaume de Maillard, associé gérant chez Rothschild Patrimoine.
"Ce qui m'inquiète, c'est qu'on voit encore des dérapages. La transparence devient une priorité. On évoque des sujets comme les contrôles, les conflits d'intérêts, dont on ne parlait pas avant la crise. Et l'on n'est pas encore suffisamment précis sur tous ces sujets", a estimé de son côté Hervé de Montlivault, patron de Credit Suisse France. "Il faut documenter tous ces sujets, ce qui exige un travail beaucoup plus lourd, la formation intensive des équipes", ajoute-t-il.
Ce qui a par ailleurs changé, mais plutôt sous l'impact de la directive MIF et de la segmentation, c'est que le client se retrouve au centre des préocupations. "La directive pousse à la segmentation et nous devons mieux connaître, fidéliser le client pour lui proposer des produits adaptés", selon Charles Hamer, président de Crédit Agricole Luxembourg et par ailleurs président du Private Banking Group au Luxembourg.
"Avant, le client était la propriété du chargé de compte. Désormais, il redevient propriété de la banque. Et même si le secret bancaire est très strict, le secret bancaire ne peut pas jouer entre collègues d'une même structure s'il s'agit de défendre l'intérêt du client", explique Frédéric Genet.