Les autorités financières américaines se penchent sur le rôle joué par Goldman Sachs en Grèce. Ainsi, la Reserve fédérale enquête sur l'implication d'établissements financiers comme Goldman Sachs dans la dissimulation d'une partie des déficits de la Grèce, au moyen d'opérations sur des produits dérivés. La Securities and Exchange Commission (SEC), l'autorité des marchés financiers aux Etats-Unis, a elle aussi fait part de l'ouverture d'investigations sur les possibles abus et effets déstabilisants engendrés par la mise en place de credit default swaps, des instruments financiers qui peuvent être utilisés pour spéculer sur la qualité de crédits des émetteurs.
La SEC n'a toutefois pas confirmé ou infirmé qu'elle s'intéresse en particulier au cas de Goldman Sachs. «En qualité de régulateur, nous menons des investigations sur de possibles abus et effets déstabilisants liés à l'utilisation de credit default swaps et à d'autres produits et pratiques financiers opaques», a déclaré un porte parole.
Peu avant, Ben Bernanke, le président de la Fed, a déclaré devant la Commission bancaire du Sénat «nous étudions un certain nombre de questions liées à Goldman Sachs et d'autres établissements (financiers) dans leurs opérations sur les dérivés avec la Grèce». A la question du sénateur Christopher Dodd, portant sur la possibilité que de grandes institutions financières aient pu, dans le cas de la Grèce «amplifier une crise publique uniquement pour des intérêts privés», le patron de la Fed a indiqué «nous allons sans doute évaluer ce que nous apprennent les activités des maisons mères que nous supervisons ici aux Etats-Unis.»
Si la Fed conclut que les règles en la matière ont été enfreintes, la banque mise en cause pourrait se voir ordonner de prendre des mesures correctives ou être sanctionnée, éventuellement par une amende.
En début de semaine, un dirigeant de Goldman Sachs a assuré à des parlementaires britanniques que les montages financiers élaborés par la banque n'étaient pas inappropriés mais il avait reconnu qu'ils auraient pu être plus transparents.
Les dérivés de changes mis en oeuvre par Goldman Sachs pour la Grèce en 2001 avaient alors permis à Athènes de réduire le montant affiché de sa dette au moment même où le pays s'efforcer de respecter les critères d'adoption de l'euro.