Société anonyme depuis le 1er mars dernier, La Poste a réalisé en 2009 un chiffre d'affaires de 20,5 milliards d'euros, limitant son repli à 1,3% (-2% sur une base comparable) grâce à la bonne performance de ses services financiers. Le produit net bancaire de la Banque Postale a ainsi augmenté de 4% pour atteindre 5 milliards, avec notamment «une part de marché de plus de 8% atteinte dans le crédit immobilier».
Fortement touchées par la récession en Europe mais plus résistantes en France, les activités de la division colis/express ont reculé de 3,5% à 4,5 milliards, tandis que «l'évolution structurellement baissière du marché du courrier», encore amplifiée par la crise, a abouti à une chute de 4,7% des ventes de la division à 11,7 milliards.
Malgré les effets positifs des économies de coûts, la marge d'exploitation consolidée s'est repliée de 0,6 point à 3,7%, ce qui correspond à un résultat d'exploitation en recul de 15% à 886 millions; 69% de ce montant provient de la Banque Postale devenue ainsi «le premier contributeur aux résultats de La Poste», a commenté le PDG Jean-Paul Bailly. Il a précisé qu'une ouverture du capital des services financiers «n'était absolument pas à l'ordre du jour», la Banque Postale disposant de ressources financières suffisantes apportées par sa maison mère.
Déjà présente dans les cartes téléphoniques pré-payées, La Poste a par ailleurs confirmé qu'elle recherchait un partenariat avec un opérateur de télécoms pour se lancer sur le marché de la téléphonie mobile en devenant opérateur virtuel.
L'endettement net a diminué de 186 millions à 5,5 milliards d'euros, soit 135% des capitaux propres contre 175% un an plus tôt, mais ce ratio est toujours «en fort décalage avec les grands opérateurs postaux européens».
Le groupe ne faisant face à aucune échéance de remboursement d'emprunt obligataire cette année, il attend plus sereinement l'augmentation de capital de 2,7 milliards d'euros prévue «au second semestre». Son plan de développement («Ambition 2015»), dont la présentation aura lieu au mois d'avril, servira de point de départ aux négociations entre l'Etat et la CDC qui doivent injecter ces capitaux frais. Après avoir investi près 1,3 milliard d'euros l'an dernier, La Poste qui espère stabiliser son chiffre d'affaires en 2010 maintiendra donc «un rythme soutenu d'investissements».