Le gouvernement polonais a fait un premier choix. Le ministère du Trésor a annoncé hier avoir retenu cinq offres de rachat en vue de la privatisation du producteur d'électricité Enea. Aucun nom n'a été donné. Mais la presse locale a depuis plusieurs jours avancé ceux de grands groupes internationaux. Parmi les intéressés étaient cités GDF Suez, EDF, Iberdrola, un groupe énergétique tchèque, une filiale d'Enel ainsi que l'homme d'affaires polonais Jan Kulczyk.
La filiale slovaque d'Enel avait confirmé la semaine dernière avoir soumis une offre. Le français EDF a lui aussi indiqué hier avoir postulé. Mais il n'a pas souhaité précisé s'il avait été sélectionné. Quant à GDF Suez, c'est par la voix de son PDG, Gérard Mestrallet qu'il a officiellement confirmé son intérêt au cours de la semaine passée.
Le gouvernement polonais souhaite céder une participation de 51% de ce groupe coté. Aux cours actuels, il est évalué à quelque 4,2 milliards de zlotys, soit environ 1 milliard d'euros. Le Trésor a également précisé que le candidat retenu à l'issue de cet appel d'offres pourrait aussi s'engager à reprendre les actions détenues par les salariés d'Enea. Ceci, au même prix que celui choisi pour la transaction avec l'Etat.
Enea qui représente environ 8% de la capacité de production d'électricité en Pologne est au coeur d'un vaste programme de privatisation engagé par Varsovie. Afin de combler son déficit public, le pays espère récolter 25 milliards de zlotys au travers de la vente de diverses participations. Jusqu'ici, il a déjà levé 13 milliards de zlotys.
Parallèlement à cette opération, la Pologne vise aussi la cession d'un autre producteur local, Energa. Le groupe est plus petit qu'Enea mais la tranche du capital à céder s'élève cette fois à 83%. Les analystes l'évaluent à environ 2 milliards d'euros.
La conclusion d'un accord sur Enea devrait pour sa part marquer la fin d'un long feuilleton. Réalisée en novembre 2008, l'introduction en Bourse d'Enea n'avait rencontré qu'un succès limité. Par la suite, l'Etat avait déjà tenté de vendre un part majoritaire. Mais les discussions menées en 2009 n'avaient pas suscité l'enthousiasme des groupes du secteur, contraignant Varsovie à mettre temporairement l'affaire entre parenthèses.