« La confiance de nos sociétaires s'est accrue avec la crise. Ils ont vu que leur mutuelle n'a pas joué avec leur argent », s'est réjouit hier Roger Belot, PDG de la Maif, citant notamment l'augmentation de 4,4 % du chiffre d'affaires global (à 2,8 milliards d'euros), dont 11 % pour la filiale vie Parnasse-Maif (à 470 millions d'euros). Il n'en demeure pas moins que le groupe mutuel d'assurances a enregistré un effondrement de 87 % de son résultat net consolidé, qui ressort à 15,7 millions d'euros. La somme des résultats sociaux chute moins brutalement (de 55 % tout de même), à 54 millions d'euros.
La différence entre les approches comptable et économique est donc nette, alors qu'elle était minime en 2007. Selon Dominique Thiry, directeur de la Maif, trois éléments ont joué à parts égales sur la chute des bénéfices sociaux : l'investissement dans le système d'information, les provisions à caractère durable et les conséquences de la baisse des taux à court terme sur ses produits de placements. En plus de ces facteurs, le résultat net a lui été minoré par des retraitements intragroupes d'un montant net de 37,9 millions d'euros.
L'exercice 2008 reste marqué par une dépendance du groupe à l'égard de l'assurance IARD (automobile, habitation, personnes morales), qui représente encore 75 % de ses revenus (dont 46 % pour l'automobile). Le plan « Ambition Maif » pour 2014 consiste à poursuivre la diversification – en 2001, l'automobile pesait ainsi 59 % du revenu. La part de l'IARD devra tendre vers les 65 %.
Cette diversification passe notamment par le développement de l'assurbanque, via le partenariat avec la Caisse d'Epargne et la Macif dans Socram. « Il ne s'agit pas de coller un nouveau métier au groupe, prévient toutefois Roger Belot. C'est une démarche d'accompagnement de nos sociétaires. » La Maif entend ainsi élargir la gamme des produits d'épargne, via le lancement d'un livret d'épargne solidaire et d'une carte bancaire pour les jeunes en 2009.
Elle souhaite aussi développer l'assurance vie (restée à 16 % entre 2001 et 2008), en faisant passer le taux d'équipement des sociétaires, de 9 % actuellement, à 15 %. Ce secteur est d'ailleurs l'un des points sur lesquels la Maif, la Macif et la Matmut travaillent au sein de leur projet d'alliance au sein d'une Sgam (société de groupe d'assurance mutuelle).