Souhaitant profiter du retour au calme des marchés, la Grèce, hier, a testé avec succès la crédibilité de ses nouvelles mesures budgétaires en levant 5 milliards d'euros de dette à 10 ans. Syndiquée par HSBC, Nomura, Barclays Capital, National Bank of Greece et Piraeus Bank, l'émission a suscité l'intérêt des investisseurs, la demande ayant atteint 16 milliards.
Le spread à l'émission est ressorti à 300 pb au-dessus des mid-swaps, contre une marge indicative de 310 pb. La prime offerte s'établit à 30 pb par rapport au rendement de l'actuelle obligation de référence à 10 ans. Le coupon a été fixé à 6,25% et le rendement à 6,38%. L'écart des taux à 10 ans grecs a bondi de 13 pb hier, portant leur écart avec les taux allemands à 10 ans de 16 pb à 299 pb.
«La Grèce aurait pu émettre plus. Nous lui avons conseillé de ne pas le faire, l'idée étant de restaurer sa capacité à émettre de la dette dans les meilleures conditions et d'en faire un émetteur récurrent et stable», explique Frédéric Gabizon, directeur dette souveraine européenne chez HSBC. Athènes a aussi choisi la sécurité en limitant le montant à syndiquer. «Nous ne voulions pas prendre plus à ces niveaux de spread censément élevés pour nous», a déclaré à Reuters Petros Christodoulou, le directeur de l'agence nationale de gestion de la dette grecque.
Malgré les craintes sur l'état des finances de la Grèce, l'appétit pour sa dette publique demeure toujours aussi varié et international. Entre autres, aux gérants de fonds ont été attribués 39 % de l'émission, contre 24,5% pour les banques, 24,5% pour les assureurs et 7% aux banques centrales. Par zone géographique, 23% sont allés à la Grèce, 20% au Royaume-uni, 14% à l'Allemagne, 8% à l'Asie et 7,5% à la France.
La bonne tenue de la nouvelle dette sur le secondaire ces prochains jours viendrait confirmer le regain de crédibilité de la Grèce. Selon Petros Christodoulou, elle pourrait encore procéder à un ou deux nouveaux emprunts obligataires syndiqués avant d'abonder des lignes déjà existantes. D'autant plus que le pays aura à débourser, en avril-mai, 20 milliards d'euros au titre de remboursements obligataires et de tombées de coupons. L'agence a jusqu'à présent levé 13 milliards d'euros sur les 54 milliards de dette à moyen/long terme à émettre en 2010.