La France veut muscler l'épargne longue en actions

Des mesures fiscales destinées à orienter les avoirs des Français vers le financement des entreprises seront dévoilées d'ici à juillet

Par Alexandre Garabedian le 05/03/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Il faudra attendre juillet pour connaître le détail des solutions envisagées par Bercy afin de favoriser l'investissement en actions. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a promis hier des «mesures orientant la fiscalité de l'épargne vers le soutien à l'investissement de long terme dans les actions», en clôture des Etats généraux de l'industrie. Objectif: réorienter 300 milliards, selon le ministre de l'Industrie Christian Estrosi.

La faiblesse de l'épargne longue en actions est un problème structurel en France. L'assurance vie, qui représente 1.250 milliards sur les 2.760 milliards d'euros de placements financiers des Français, est investie à moins de 25% en actions, rappelle-t-on à l'Elysée. Pire, les nouvelles règles Solvabilité II pousseront les assureurs à diminuer leur allocation en actions. Quant aux futures contraintes de liquidité imposées aux banques, elles devraient favoriser les achats d'obligations d'Etat.

Les représentants de l'assurance (FFSA) et du capital investissement (Afic), plaident depuis longtemps déjà pour un allongement de la durée des contrats d'assurance vie à douze ans. L'Afic a aussi évoqué cette semaine une réorientation de l'épargne salariale vers le financement du non-coté.

Au chapitre des vieilles recettes, la création d'un Livret épargne industrie est à l'étude. Le produit ressusciterait l'esprit du Codevi, transformé en Livret de développement durable, et qui, comme son nom l'indique, était à l'origine un «compte pour le développement industriel». Mais la seule mesure concrète dévoilée hier a été la mise en place d'une nouvelle structure, l'observatoire du financement de l'industrie, présidé par le Médiateur du crédit.

Les pistes sont plus précises sur le plan de l'innovation. L'Elysée a annoncé la création de deux véhicules. Le premier, un fond start-up université / grandes écoles, investira dans le capital de sociétés technologiques créées par des étudiants. Il sera doté de 100 millions d'euros prélevés sur l'enveloppe amorçage du grand emprunt.

L'autre véhicule, baptisé Fonds d'investissement France Brevets, cherchera à acquérir auprès de PME des droits portant sur une large famille de brevets (au moins 10.000) et à les valoriser en revendant des licences à des entreprises internationales. Il disposera lui aussi de 100 millions d'euros, apportés pour moitié par la Caisse des dépôts et par les fonds issus du grand emprunt.

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