Apaiser les craintes sans toutefois trop dévoiler son jeu, tel a été l'exercice épineux auquel s'est astreint Ben Bernanke lors de son discours de Jackson Hole, traditionnel symposium annuel de la Réserve fédérale (Fed). Son président a plutôt bien rempli le premier objectif. Le S&P 500 a clôturé vendredi sur un gain de 1,66% tandis que le rendement du T-Note à 10 ans grimpait de 17 points de base (pb), jusqu'à 2,64%.
Les investisseurs ont pu trouver quelque réconfort dans un tableau en demi-teinte de la conjoncture. «Malgré le ralentissement récent, les conditions préalables à une amélioration de la croissance en 2011 semblent être toujours là», a déclaré Ben Bernanke. Ce dernier a également souligné la reprise du crédit bancaire et de l'épargne des ménages mais s'est inquiété de la possibilité d'un niveau de chômage élevé pour une période prolongé. Il a par ailleurs assuré que la Fed «résisterait solidement à des écarts vers le bas par rapport à la stabilité des prix». En bref, l'institut se veut mobilisé face à tout signe de désinflation ou d'inflation moins forte.
En cas de dégradation significative des perspectives, «et sans tenir compte des risques de déflation», la Fed pourrait déployer de nouvelles mesures non conventionnelles. Trois outils d'assouplissement ont été détaillés même si Ben Bernanke s'est bien gardé d'empiéter sur le terrain du Comité de politique monétaire (FOMC).
La première option serait d'étendre les achats de Treasuries mais elle s'accompagne d'une «incertitude quant à l'impact quantitatif des achats de titres de long terme». La deuxième consisterait à relever l'objectif de long terme de la Fed en matière d'inflation «au-dessus de niveaux cohérents avec la stabilité des prix». Une éventualité rejetée par Ben Bernanke en raison de son effet attendu sur la crédibilité de la Fed. Troisième et dernière option, une baisse du taux d'intérêt servi par la Fed sur les dépôts au jour le jour que les banques placent auprès d'elle, fixé à 25 pb. Ben Bernanke considère que cette mesure «pourrait perturber certains marchés et établissements clés». De son côté, le gouverneur délégué de la Banque d'Angleterre, Charles Bean, a appelé les banques centrales à innover et en particulier à mettre en œuvre des mesures de régulation macro-prudentielle.