La FSA (Financial Services Authority) a publié hier un document consultatif préalable à une révision du régime prudentiel des activités de trading des banques. Dans le sillage des travaux du Comité de Bâle II qui ont abouti à un renforcement des fonds propres des grandes banques exposées à ces activités, le régulateur financier britannique a émis des recommandations qui visent à une meilleure utilisation du capital des banques par rapport au niveau de risque de leur activité de trading dont la complexité est grandissante. «Se reposer de manière exagérée sur le principe de marchés financiers efficients peut conduire à de sérieux problèmes en cas de mauvaise compréhension systémique des risques», estime Paul Sharma, directeur au FSA.
Le premier domaine d'action concerne l'évaluation des positions de trading qui devrait faire l'objet d'une surveillance accrue, particulièrement en cas de détention d'actifs illiquides, de titres exotiques ou de positions ouvertes importantes «qui font l'objet d'une valorisation toujours incertaine, particulièrement en cas de stress des marchés», note le rapport préliminaire, en ajoutant que cette incertitude devrait conduire les banques à ne pas avoir recours à un effet de levier trop important. Le deuxième axe d'amélioration a trait à la structure du capital des banques qui devrait être modifiée «afin de gagner en cohérence», ce qui passe par la nécessité de «réduire les possibilités d'arbitrage structurel au sein du secteur bancaire et du système financier dans son ensemble».
La dernière série de recommandation concerne l'amélioration de la gestion des risques qui passe par une plus grande cohérence des différentes normes de modélisation, en prenant garde à ce que ces normes «ne soient pas en contradiction avec les objectifs réglementaires». A cet égard la FSA souhaite nouer avec les acteurs concernés «un dialogue précoce et actif concernant le développement de nouveaux produits financiers et les innovations dans la structuration des produits».
Des discussions vont débuter avec les parties prenantes (banques, fonds d'investissements et autres régulateurs) qui ont jusqu'au 26 novembre pour apporter leurs commentaires; la FSA publiera ensuite sa réponse «dans le courant du premier semestre 2011».