Les contacts se précisent entre la Deutsche Bahn et Arriva. Il y a un mois, l'opérateur ferroviaire allemand avait fait état de discussions en vue d'une offre sur son homologue britannique, le plus gros opérateur privé européen. Hier, en réaction à plusieurs informations de presse, Arriva a qualifié ces discussions d'«avancées».
Selon le communiqué diffusé à cette occasion, «la Deutsche Bahn a indiqué (...) qu'elle envisageait de faire une offre à 775 pence en cash pour chaque action Arriva». De surcroît, les actionnaires conserveraient leur droit à dividende au titre de 2009. D'un montant de 18,8 pence par titre, il doit être versé le 10 mai prochain.
Ces projets sont naturellement soumis à un certain nombre de conditions: conclusions satisfaisantes du processus de «due diligence», recommandation unanime du conseil d'Arriva, aval des instances de direction de la Deutsche Bahn et du gouvernement allemand.
Arriva n'en dit pas plus. Mais selon Reuters, le conseil de surveillance du groupe allemand (qui financerait l'opération par une émission obligataire) pourrait approuver l'opération dès demain.
En offrant 775 pence, la Deutsche Bahn se situerait à des niveaux jamais atteints jusqu'à hier sur le marché alors que l'action Arriva a déjà gagné plus de 50% depuis le début de l'année. Une telle proposition valoriserait la cible à 1,54 milliard de livres en capitalisation (1,75 milliard d'euros) et à 2,4 milliards de livres en valeur d'entreprise (incluant la dette nette de 852 millions). Le prix correspondrait à près de 7 fois l'Ebitda attendu cette année et à presque 14 fois l'Ebit.
Ceci étant, l'allemand se doit de frapper fort face à la concurrence. Car le dossier intéresse aussi la SNCF. Des discussions en vue d'un rapprochement avec Keolis ont eu lieu avant d'être rompues début mars. Mais il y a un mois, le ministre des Transports Dominique Bussereau a assuré que l'Etat apporterait son soutien à la SNCF dans ce dossier, laissant supposer que le transporteur français pourrait lui aussi envisager une offre malgré un bilan déjà tendu (7,17 milliards de dettes soit 4,25 fois la marge opérationnelle) et une dégradation attendue en 2010.
En tout cas le marché veut croire à une bataille boursière. D'autant que selon Reuters, la Deutsche Bahn serait prête à aller plus loin en cas de contre-offre.