La Coface entend «tirer les leçons de la crise» et prévoit de «revoir en profondeur le modèle de l'assurance crédit traditionnelle», a indiqué Jérôme Cazes, son directeur général, à l'occasion lundi de la présentation de résultats 2009 en nette dégradation. En 2010, «trois innovations, simples mais majeures, vont être mises en place. La Coface va élargir sa couverture de risques à des débiteurs plus fragiles, notés "BB" voire "B", avec des primes adaptées et accéder à un nouveau segment d'activité rentable», a expliqué le dirigeant, qui estime donc que le pire de la crise est passé.
«Nous allons ensuite permettre à nos 30.000 assurés d'accéder gratuitement aux notes de leurs clients, nous permettant de faire face à des risques mieux gérés. Nous allons enfin mesurer de manière permanente les garanties offertes afin qu'elles restent en ligne avec les primes payées, générant ainsi une plus grande sécurité, tant pour les assurés que pour la Coface», a-t-il poursuivi.
Sur la base d'un chiffre d'affaires en hausse de 3,8% à 1,6 milliard d'euros, la Coface a accusé en 2009 une perte opérationnelle de 249 millions d'euros, contre un bénéfice de 43 millions en 2008. «Les bénéfices dans l'affacturage (22 millions d'euros) et les services (36 millions) n'ont pu compenser la perte opérationnelle dans l'assurance crédit (320 millions)», a expliqué Jérôme Cazes.
La Coface prévoit néanmoins une croissance de son chiffre d'affaires en 2010, grâce à la retarification opérée en assurance crédit et au redémarrage de l'activité de ses clients. Le groupe mise sur un retour aux bénéfices grâce à une sinistralité améliorée et confirme son objectif d'un résultat net de 250 millions en 2012.
Réagissant à la dégradation de ses notes vendredi par Standard & Poor's, la Coface a remis en cause le modèle d'évaluation de l'agence. «Pour les deux autres agences, notre solidité financière est très positive. Une deuxième augmentation de capital de notre actionnaire Natixis, qui sera réalisée la semaine prochaine, nous permettra d'afficher un excédent de marge de solvabilité de 575 millions», a relevé Jérôme Cazes.
Reste que «des réflexions sur une évolution de l'actionnariat, pouvant durer entre trois et neuf mois, ont été engagées», a-t-il confirmé, précisant qu'une cession, une cotation, mais également un statu quo étaient envisagés par Natixis.