Les contribuables en attente d'un chèque de restitution du trop payé sur leurs impôts, les fournisseurs, les autorités locales ou encore les agences d'assistance sociale, tous ont en commun d'être les premières victimes de la crise financière de la Californie. Comme prévu, le «controller» John Chiang, c'est à dire le responsable du budget de l'Etat, a entamé hier une vaste opération de gel des dépenses publiques portant sur un total de 3,5 milliards de dollars. En l'absence d'un compromis budgétaire entre le gouverneur Arnold Schwarzenegger et des parlementaires de Sacramento, la Californie ne pourrait avoir d'autre choix que de repousser un nombre croissant d'échéances financières.
Les marchés et les agences de notation ont commencé à en tirer les conséquences. Le titre Vanguard California Long Term Exempt, par exemple, a perdu près de 15% de sa valeur entre le début septembre et la mi-décembre, et a depuis à peine refait la moitié du chemin perdu. Après avoir touché un plus haut de 5,1% à la mi-décembre, le rendement est à 4,25%. Moody's et Standard & Poor's ont placé sous surveillance avec implication négative le principal véhicule d'émission de la Californie, la general obligation debt. Or la Californie partage déjà avec la Louisiane la note la plus basse de tous les Etats-Unis, soit A1. Moody's et Fitch ont par ailleurs ramené de A+ à AA- la notation des Economic Recovery Bonds émis à hauteur de 14,1 milliards de dollars à partie de 2004.
La Californie s'attend à un déficit budgétaire de l'ordre de 15 milliards de dollars pour l'année fiscale 2008-2009 et de 25 milliards de dollars pour la suivante. A 9,3%, son taux de chômage est nettement supérieur à la moyenne nationale de 7,2%. Le nombre de Californiens recevant des bons alimentaires a augmenté de 14% depuis le mois de septembre, et le total des familles soutenues par les pensions versées par CalWORKs a progressé de 6%. Devant le manque d'appétit du marché obligataire, le gouverneur Schwarzenegger a proposé de réduire de 17,4 milliards de dollars les dépenses budgétaires et d'augmenter les dépenses d'environ 10 milliards, notamment en relevant la TVA de 7,25 à 8,75%. Selon le Center for American Progress, le plan de relance actuellement en débat à Washington pourrait profiter à la Californie à hauteur de 63,4 milliards de dollars.