Près de deux mois après l'arrivée d'Antoine Gosset-Grainville au poste de directeur général adjoint, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) parachève la refonte de son état-major. Une réorganisation qui va se traduire par la création au 1er juillet de deux directions de plein exercice, l'une financière, l'autre stratégique, alors que ces deux fonctions étaient assumées jusqu'à présent par Alain Quinet.
Ce dernier reste directeur des finances et perd donc une partie de ses attributions. Mais il héritera aussi à compter du 30 juin de la présidence d'Egis, la filiale de conseil en ingénierie de la CDC. La direction de la stratégie (et du développement durable) reviendra à Edward Arkwright, un Essec de 36 ans qui officiait depuis 2007 comme directeur de cabinet d'Augustin de Romanet, le directeur général de la Caisse des dépôts. Il sera remplacé dans ses actuelles fonctions par Philippe Mutricy, 40 ans, secrétaire général de la CDC.
Outre les finances et la stratégie, Antoine Gosset-Grainville pilote aussi les affaires européennes et internationales du groupe. C'est Laurent Vigier, arrivé en 2009, qui continuera à prendre en main cette direction.
Si le nouveau DGA a souhaité imprimer sa marque sur l'organigramme, la mise en place de directions financière et stratégique renforcées répond aussi à l'évolution récente de la Caisse. Avec la crise, l'institution de la rue de Lille fait l'objet de sollicitations croissantes et doit se montrer plus stricte que jamais dans le choix de ses investissements. Un nouveau directeur des risques va notamment être recruté pour remplacer Hubert Reynier, parti chez Crédit Agricole SA. La CDC veut aussi muscler le pilotage de ses filiales, dont le nombre s'élargit: après la création du Fonds stratégique d'investissement en 2009, le groupe espère boucler d'ici à la fin de l'année son entrée au capital de La Poste pour 1,5 milliard d'euros.
La stratégie de la Caisse des dépôts dans le secteur financier, en particulier, sera au cœur des réflexions. Entre les participations dans CNP (40%), Dexia (17,6%), Oséo, bientôt la Banque Postale à travers sa maison mère et pourquoi pas Coface un jour, «la CDC jouera un rôle dans la recomposition du secteur financier en France dans les prochaines années», admet un proche. Peut-être même dès 2011, quand BPCE, autre actionnaire de la CNP, aura achevé ses réflexions sur l'assurance vie.