Pendant le changement de statut, les affaires continuent. La Poste, devenue société anonyme le 1er mars, mène en parallèle depuis plusieurs mois une vaste réorganisation de ses services informatiques. Ce projet, loin d'être anodin pour la Banque Postale, devrait être effectif à compter du 1er avril, selon des sources internes.
Le groupe va se doter d'une direction informatique unique pour son réseau et ses services financiers. Deux grandes structures coexistent aujourd'hui et seront rapprochées. D'une part, la direction des services informatiques (DSI) de l'enseigne, c'est-à-dire du réseau, qui regroupait 329 collaborateurs à fin septembre. D'autre part, la direction informatique des services financiers, logée au sein de La Poste, et forte de 1.389 collaborateurs. Cette structure travaille pour le compte de la Banque Postale, qui dispose par ailleurs de sa propre DSI, avec 68 salariés.
La direction unique, rattachée à celle des services financiers pour des raisons réglementaires, sera placée sous l'autorité de Philippe Blin, à la fois DSI de la Banque Postale et des services financiers de La Poste. En interne, ce projet est donc vécu comme une «OPA» de la filiale bancaire sur son informatique. L'établissement sera de fait le premier bénéficiaire de cette réorganisation.
Regrouper les équipes et harmoniser les processus doit notamment permettre d'améliorer le poste de travail des conseillers financiers. L'objectif est aussi de réaliser des économies, par exemple sur les achats ou en diminuant le recours à la sous-traitance. Le tout se fera à effectifs internes constants, avec un changement de postes pour environ 10% des collaborateurs.
L'opérateur postal espère ainsi réduire ses coûts informatiques de 70 millions d'euros sur la période 2010-2012, selon un document interne. Les économies atteindraient ensuite 40 millions d'euros en rythme annuel.
Elles profiteront indirectement à la Banque Postale, qui ne demande pas mieux. Les prévisions budgétaires de la filiale bancaire, communiquées au conseil d'administration de La Poste du 17 décembre, tablaient sur un résultat d'exploitation de 600 millions d'euros à fin 2009, en hausse de 36%, et sur un recul de 1,5 point du coefficient d'exploitation, à 88%. Un ratio qui reste très loin de l'objectif de 77% en 2010 pris par le groupe lors de la création de la Banque Postale, il y a quatre ans.