La Banque Postale démarre en douceur le crédit à la consommation

A fin juin, après un trimestre d'activité, l'encours atteignait 315 millions d'euros. Le crédit immobilier tire la croissance de la banque

Par Alexandre Garabedian le 31/08/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Photo PHB/AGEFI

Masqués par l'accord annoncé le 26 août entre La Poste et SFR, les résultats semestriels de La Banque Postale sont passés inaperçus. Les comptes à fin juin, qui devraient être présentés en détail le 9 septembre, font pourtant apparaître une hausse de 7,4% sur un an, à 2,45 milliards d'euros, du produit net bancaire (PNB), et de 39%, à 427 millions, du résultat d'exploitation. Ils permettront surtout de juger pour la première fois des résultats de l'offre de crédit à la consommation, lancée en mars.
Après quelques mois seulement d'activité sur un marché convalescent, la contribution du nouveau métier aux résultats de la Banque Postale reste très modeste, en toute logique. A fin juin, la banque affichait un encours de 315 millions d'euros de crédits à la consommation, selon les données de gestion auxquelles L'Agefi a eu accès. L'activité a apporté environ 3 millions de PNB, mais, phase de lancement oblige, a contribué à gonfler les charges d'exploitation de 25 millions d'euros sur le semestre.
La filiale dédiée au crédit à la consommation, La Banque Postale Financement, dont la Société Générale détient 35%, doit permettre au groupe de dégager 160 millions de résultat d'exploitation supplémentaire à l'horizon 2015, selon le plan d'affaires quinquennal de l'opérateur postal.
Pour l'heure, c'est la croissance des encours de crédit immobilier (+15,6% sur un an à 34 milliards d'euros) qui explique donc l'essentiel de la progression des produits d'intérêts reçus de la clientèle (+92 millions). Sans compter les primes d'assurance liées aux prêts immobiliers (+15 millions) et les commissions de renégociation de certains crédits.
La baisse des taux a par ailleurs permis à la Banque Postale d'économiser 123 millions sur les intérêts versés à ses clients. Mais l'effet taux a aussi joué en sa défaveur: les revenus des activités de marché –une part non négligeable du PNB de la Banque Postale, structurellement prêteuse– ont décru de 114 millions. D'autant que la banque a réinvesti en 2010 sur des titres de maturité plus courte et servant des rémunérations inférieures à celles de l'année passée.
Enfin, l'environnement financier a pesé sur la collecte. Livret A, épargne liquide et OPVCM sont boudés par les clients, alors que les dépôts à vue progressent. La hausse des commissions sur titres et OPCVM est dès lors limitée.

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