La continuité est de mise au Japon. Ainsi, la Banque centrale (BoJ) a décidé lors du comité de politique monétaire tenu jeudi et vendredi derniers de ne pas modifier sa politique dite d'"assouplissement quantitatif". Mais dans le même temps, elle a estimé que ses prévisions de croissance pour 2005-2006 et 2006-2007, soit respectivement 2,2% et 1,8%, seront légèrement dépassées et insiste sur le fait que "l'économie japonaise devrait poursuivre sa reprise à un rythme régulier". En effet, l'activité donne ces derniers mois des signes encourageants de reprise, le commerce extérieur étant soutenu par la forte demande chinoise et américaine ainsi que par la faiblesse du yen. La consommation intérieure amorce une reprise grâce aux hausses de salaires et au recul du chômage. Il est également à noter que les investissements privés et publics sont sur une tendance haussière.
Dès lors, la BoJ ne pourra maintenir un tel cap alors que selon elle, les prix à la production devraient également surpasser ses propres prévisions suite à l'augmentation des prix des matières premières et de la dépréciation du yen. En revanche, "les prix à la consommation devraient être largement en ligne avec les prévisions", estime la Banque centrale. D'ailleurs, un certain nombre de membres de la BoJ n'ont cessé d'avertir depuis des mois que sa politique monétaire ultra accommodante vit ses derniers moments alors que la déflation s'estompe.
D'ailleurs, le gouverneur de la Boj, Toshihiko Fukui, avait déclaré auparavant que "les chances de voir la Banque abandonner sa politique de taux zéro s'accroîtront à partir du mois d'avril au fur et à mesure que les prix à la consommation augmenteront et que l'économie confirmera sa bonne santé". Or, pour Dresdner, les taux nippons à 10 ans devraient probablement atteindre 2% contre 1,47% actuellement d'ici la fin de l'année 2006, anticipant ainsi une hausse des taux directeurs, fruit de l'expansion économique du pays et de la remontée de l'inflation. Ainsi, le courtier prévoit que la banque centrale augmentera probablement ses taux d'intérêt début 2007. Ce scénario est d'ailleurs validé par Hervé Liévore, économiste chez Natexis Banque Populaires, qui estime cependant que "la BoJ relèvera ses taux si la condition nécessaire qu'elle s'était fixée en mars 2001 se vérifie, à savoir que les prix à la consommation hors aliments frais croissent d'une façon durable".