En dépit d'une croissance exponentielle du montant de ses encours, l'ISR (investissement socialement responsable) demeure encore un concept flou, mais peut être plus pour longtemps. En effet, l'AFG (Association française de la gestion financière) et le FIR (Forum pour l'investissement responsable) ont publié un nouveau code de transparence pour les fonds ISR ouverts au public. Et dorénavant, pour décrocher le sésame, tous les fonds des sociétés de gestion membres de l'AFG seront obligés de se conformer à cette version française du code de transparence européen.
La nouvelle mouture du code de transparence «donne une définition des termes relatifs à l'ISR, il est adapté aux nouvelles classes d'actifs et techniques de gestion», précise Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l'AFG. Ainsi, l'ISR devient «l'application des principes de développement durable à l'investissement(...) qui consiste à prendre systématiquement en compte les trois dimensions que sont l'environnement, le social/sociétal et la gouvernance». En outre, l'approche est nécessairement celle d'une épargne longue.
Le manuel est plus adapté au contexte actuel que son prédécesseur, édité en 2005. «En l'espace de cinq ans, la gestion ISR s'est transformée et il devenait indispensable d'ajuster le code», indique Robin Edme, président du FIR. En effet, depuis 2005, le montant des encours des fonds estampillés ISR a triplé en France: il est passé de 10 milliards d'euros à 30 milliards d'euros d'actifs sous gestion, selon les données de Novethic, et le nombre des fonds gérés a plus que doublé. De 130 en 2005, il s'établissait à 250 fin 2009.
Par ailleurs, comme le souligne Paul de Marcellus, qui a présidé le groupe de travail sur la question de l'AFG, «cette nouvelle version fait le choix de simplifier et de réaménager certaines questions afin de rendre la gestion ISR plus claire pour les épargnants et pour les intermédiaires en charge de les conseiller». L'objectif est ainsi de «renforcer la lisibilité des fonds auprès des particuliers et de contribuer à une meilleure transparence des marchés».
Fort de ces évolutions, le code de transparence devrait être appliqué par davantage de fonds ISR, moins d'un tiers des fonds y adhérant aujourd'hui. Ainsi, les épargnants devraient y voir plus clair, en attendant que les régulateurs français et européens se penchent sur la question.