BPCE peut compter sur les ressources de ses réseaux bancaires. Les Caisses d'Epargne ont vendu au premier semestre à leurs clients pour 1,1 milliard d'euros de parts sociales, montant net des rachats effectués, selon des chiffres obtenus par L'Agefi auprès du groupe. Un rythme presque aussi soutenu que celui de 2009. Les conseillers de l'Ecureuil avaient alors placé sur l'ensemble de l'année pour 2,8 milliards d'euros de parts sociales, un quasi-triplement par rapport à l'exercice précédent.
Du côté des Banques Populaires, traditionnellement moins en pointe sur ce type d'instrument, les volumes s'élèvent à 210 millions d'euros à fin mars, le relevé des compteurs n'étant pas encore disponible à fin juin.
Les parts sociales ne remontent pas directement dans les fonds propres de BPCE. Emises par les sociétés locales d'épargne (SLE), elles-mêmes actionnaires des caisses régionales, elles sont logées au niveau de ces dernières, à l'exception d'une petite partie dévolue aux SLE pour assurer la liquidité du produit.
Mais cette manne profite à BPCE dès que le groupe sollicite les poches profondes de ses deux réseaux. Et 2010 ne dérogera pas à la règle: l'organe central doit procéder courant août à une augmentation de capital de 1,8 milliard d'euros que Banques Populaires et Caisses d'Epargne souscriront à parité (L'Agefi du 27 mai 2010).
Les réseaux bancaires mutualistes ont pour certains redécouvert les charmes des parts sociales, en cette période de pénurie de capital. Aux guichets des Caisses d'Epargne, les ventes devraient rester soutenues au deuxième semestre. Les caisses régionales disposent à cet égard d'autorisations d'émission généralement valables un an dans le cadre de programmes visés par l'AMF. Sur 2010, seize caisses ont déjà renouvelé ces autorisations pour un volume cumulé de 2,5 milliard d'euros, selon notre pointage.
Cette force de frappe permet aussi à BPCE de réaliser une partie de son programme de financement. Une source de diversification d'autant plus utile lorsque les marchés de la dette bancaire sont grippés, comme en mai dernier. L'an dernier, les émissions réalisées dans le réseau de l'Ecureuil par l'organe central (CNCE puis BPCE) ont atteint 2 milliards d'euros. En 2010, BPCE a placé deux emprunts à 8 ans, pour un montant cumulé de 1,18 milliard, et le 2 juillet dernier, 429 millions d'obligations à 10 ans. Soit un total appréciable de 1,6 milliard.