Bis repetita. La BaFin a confirmé hier soir une interdiction partielle et temporaire des ventes à découvert à nu. Une mesure que l'autorité des marchés financiers allemande avait déjà adoptée en pleine crise financière puis levée fin janvier. Cette interdiction, effective depuis minuit, aura cours jusqu'au 31 mars 2011. Elle concerne les actions de dix institutions financières allemandes : Allianz, Deutsche Bank, Commerzbank, Deutsche Börse, Postbank, Munich Re, Hannover Re, Generali Deutschland, MLP et Aareal Bank.
Cette interdiction s'applique également aux emprunts d'Etats de la zone euro et aux CDS (credit default swaps) adossés à ces obligations. Dans une opération de vente à découvert à nu, l'investisseur ne détient même pas la valeur sous forme d'emprunt. La BaFin a précisé qu'elle validait cette mesure en raison de l'«exceptionnelle volatilité» sur le marché des obligations de la zone euro. Un mouvement de vente à découvert à grande échelle pourrait conduire à des fluctuations de prix excessives et «mettre en péril la stabilité financière de l'ensemble du système financier», a-t-elle alerté.
Selon des membres de la coalition cités par Reuters, le ministre allemand des FinancesWolfgang Schäuble a mis en place cette interdiction via un décret. La chancelière Angela Merkel doit formaliser cette mesure dans la journée lors d'un discours devant les députés allemands.Cette annonce intervient alors que le gouvernement allemand cherche à emporter l'adhésion du parlement au plan de stabilisation européen. Elle survient par ailleurs peu de temps après que le commissaire européen Michel Barnier a annoncé pour l'automne une proposition ciblée sur les ventes à découvert, y compris les CDS sur dette souveraine.
Un porte-parole du ministère des Finances autrichien, cité par le Financial Times, a déclaré de son côté qu'il était dans leur intention de mettre le sujet des ventes à découvert à nu à l'ordre du jour d'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe ce vendredi, avec pour objectif de tendre vers «une interdiction européenne».
L'annonce de Berlin a suscité un nouvel accès de faiblesse de l'euro, jusqu'à 1,2143 pour un dollar cette nuit. (Avec Lothar Gries, à Francfort)