Depuis deux jours, suite à la dégradation de l'Irlande par Standard & Poor's, les taux des états périphériques européens ont de nouveau décalé. Un phénomène qui a particulièrement touché l'Irlande, mais aussi la Grèce et le Portugal (L'Agefi du 26 août 2010). Pour autant, les agences de notation ne s'en alarment pas outre-mesure concernant le risque induit pour les assureurs européens.
Dans une note publiée cette semaine, Moody's estime en effet cette situation «gérable». Selon l'agence, les assureurs ne seront «pas contraints de cristalliser le niveau actuel de pertes vis-à-vis du pair suggéré par les valeurs de marché, du fait de leur liquidité toujours solide».
Insistant sur la capacité des assureurs à détenir les titres jusqu'à leur maturité, Moody's rappelle aussi que le secteur a déjà réduit son exposition à la dette grecque au cours du premier semestre.
L'agence n'en oublie certes pas de prévenir que quelques dégradations restent possibles (en fonction de l'évolution du climat économique). Pour autant, le ton général reste bien positif. D'autant qu'avec des notes de «Aaa» à «A1», les évaluations des pays en question «restent supérieures à celles de la majorité des portefeuilles obligataires corporate des assureurs européens», souligne la note.
Cette vision plutôt sereine de la situation vient en tout cas confirmer celle dont a fait part Fitch Ratings la semaine dernière (L'Agefi du 19 août 2010). Après avoir calculé l'exposition au risque souverain périphérique des assureurs qu'elle note, l'agence avait décidé de soumettre à des «stress tests» maison les groupes portant le plus gros risque.
Ayant simulé un taux de recouvrement de 30% sur la Grèce et des pertes de valeur de 10% à 15% sur la dette à 10 ans des autres pays visés, Fitch avait conclu qu'aucune dégradation de note n'était justifiée arguant de «la résistance de ces assureurs notés dans un scénario de choc sévère sur les souverains de la zone euro».
Les assureurs semblent donc avoir un peu de marge. D'autant que la récente dégradation du marché n'est pas assimilable au choc simulé par Fitch. Pour l'heure, les dettes à 10 ans du Portugal et de l'Irlande affichent des décotes de 5% et 9% sur le pair.