En avril-mai ce sont 22 milliards d'euros arrivant à échéance que la Grèce devra rembourser. Mais le pays prendrait le risque d'un échec s'il lançait un emprunt obligataire. Plusieurs banques allemandes, comme Eurohypo, Hypo Real, Bayern LB ou LBBW ont en effet annoncé qu'elles ne souscriraient pas à de nouvelles obligations de l'Etat grec, rapporte le Figaro de samedi.
Mais alors que le gouvernement grec pourrait annoncer prochainement de nouvelles mesures pour réduire ses déficits - le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn doit se rendre à Athènes ce lundi - la ministre française de l'Economie Christine Lagarde a confirmé dimanche que plusieurs plans d'aide étaient en cours d'évaluation au sein de la zone euro. «Je ne doute pas que la Grèce parvienne à se refinancer par des moyens que nous explorons actuellement, sur lesquels nous avons un certain nombre de propositions, à la fois au sein de la zone euro, impliquant soit des partenaires privés soit des partenaires publics soit parfois les deux», a-t-elle déclaré dans l'émission le Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien, sans vouloir en dire plus. «La Grèce ne sera pas aux abois et trouvera son refinancement à condition bien entendu qu'elle respecte les engagements qu'elle a pris dans son programme de stabilisation». Pour Christine Lagarde, «il est hors de question que la Grèce sorte de l'euro».
Revenant sur l'adoption d'un code de conduite des Etats vis-à -vis des banques, elle s'est prononcée pour une très rigoureuse réglementation des CDS souverains, voire pour leur interdiction pure et simple. «C'est une position personnelle sur le plan des outils financiers que je soutiendrai, que je proposerai à Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur», a-t-elle précisé. Le G20 s'est engagé «à ce que, le 31décembre 2012 au plus tard, tous les marchés OTC soient organisés et transparents. A la même date, les produits dérivés seront réglementés et certains pourraient être interdits », avait d'ailleurs indiqué Christine Lagarde aux députés, la semaine dernière. Du côté du cabinet du commissaire européen, contacté dimanche, on précise que des expertises sont en cours, et que Michel Barnier souhaiterait présenter un projet de réglementation «horizontal» sur les produits dérivés, incluant les CDS, d'ici à l'été.