L'Allemagne semble une nouvelle fois vouloir jouer sa partition en solo. En effet, le gouvernement allemand a confirmé qu'il n'approuvait pas en l'état le texte du nouveau projet de réforme bancaire Bâle 3. Il s'agit du seul pays à s'être dissocié du compromis trouvé lundi soir au Comité de Bâle.
Pour donner son avis, l'Allemagne attend les chiffres concernant l'augmentation des fonds propres, qui seront publiés en septembre, et veut savoir le sort qui sera réservé à certains établissements spécifiques de son secteur financier. «Nous ne pouvons pas dire que nous sommes d'accord sur une définition du capital sans savoir ce que sont les besoins en capitaux», déclare une source citée par Reuters.
Les craintes allemandes concernent un des secteurs clé du pays: les caisses d'épargne et les coopératives qui financent les PME et n'ont pas accès aux marchés financiers. A ce titre, elles ne disposent pas de véritables fonds propres et dépendent fortement des résultats non distribués. Or, le Comité de Bâle définit les fonds propres «core» comme le capital et les résultats non distribués et ne tient pas compte d'autres contributions en capital. «Si on impose une définition du capital de type américain pour ces banques, ce sera très perturbant pour notre économie», avertit Berlin.
Natixis note cependant que «le communiqué de lundi semble beaucoup plus favorable que la mouture précédente de décembre et ce pour toutes les banques y compris allemandes, donc on ne voit pas trop la nécessité d'avoir émis des réserves par rapport aux autres parties prenantes». Redoutant une redite de la polémique lancée par le gouverneur de la Bundesbank, Axel Weber, qui a accusé Jean-Claude Trichet en juin de favoriser les banques françaises, considérées comme les gagnantes du nouveau projet, le directeur de la Bafin, Jochen Sanio, a souhaité calmer le jeu. Il précise que l'Allemagne soutenait l'accord mais demande clarification sur certains points.
Il faut dire qu'entre les stress tests et Bâle 3, les banques allemandes ne sont pas à la fête. En effet, les tests de résistance ont épinglé Hypo Real, alors que NordLB, WestLB, et Postbank passaient de justesse le seuil des 6% de ratio de solvabilité Tier 1 requis. Plusieurs banques ont également tardé à détailler, comme leurs consœurs, leur exposition à la dette souveraine en euros.